Tunis – Univers News. Les États-Unis et le Venezuela scellent un accord pétrolier présenté comme le plus important de l’histoire mondiale, sur fond de tensions au Moyen-Orient et de réserves stratégiques américaines au plus bas depuis 1982
Un contrôle majoritaire sur 65 milliards de barils
Au cœur de l’accord : les États-Unis obtiendraient le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils issus des réserves prouvées du Venezuela. Selon Trump, l’opération aurait été menée en étroite coordination avec la présidente par intérim vénézuélienne, Delcy Rodriguez, et s’appuierait sur un partenariat avec des entreprises privées non identifiées à ce stade.
Du côté de Caracas, la présidente par intérim a confirmé la signature et salué la relation avec son homologue américain. Elle a détaillé les contours du projet : le développement de 17 champs stratégiques, un potentiel évalué à 65 milliards de barils, plus de 100 milliards de dollars d’investissements prévus, et une manne fiscale estimée à plus de 209 milliards de dollars pour l’État vénézuélien.
Une stratégie pour compenser des réserves américaines fragilisées
Cet accord ne doit rien au hasard du calendrier. Les stocks de la réserve stratégique de pétrole des États-Unis se trouvent actuellement à leur niveau le plus bas depuis novembre 1982, conséquence directe des efforts déployés par Washington pour amortir les perturbations d’approvisionnement liées à la guerre en cours au Moyen-Orient. Le conflit avec l’Iran a notamment provoqué une chute du trafic maritime dans le détroit d’Hormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial.
Trump assure que l’accord permettrait de plus que doubler les réserves pétrolières américaines et pourrait, à terme, contribuer à faire baisser les prix à la pompe. Une précision s’impose néanmoins : des réserves placées sous contrôle via un accord international ne sauraient être assimilées, sur le plan opérationnel, au pétrole physiquement stocké sur le sol américain.
Le Venezuela, géant pétrolier à la production sous-exploitée
Le Venezuela n’est pas un partenaire anodin. Le pays détient les plus vastes réserves de pétrole prouvées au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Sa production, toutefois, reste largement en deçà de son potentiel, freinée depuis des années par des difficultés économiques et industrielles internes — ce qui rend l’apport d’investissements et de partenariats extérieurs particulièrement stratégique pour Caracas.
Des marchés pétroliers sous tension
L’annonce intervient alors que les cours mondiaux du brut évoluent dans un climat particulièrement volatil.
Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, a perdu près de cinq dollars en une semaine, tandis que le WTI, après une envolée de plus de 24 % depuis le déclenchement de la guerre avec l’Iran, a récemment reculé d’environ 4 %.
Au-delà de sa portée économique, cet accord illustre une recomposition stratégique des équilibres énergétiques mondiaux : les États-Unis cherchent à sécuriser un accès durable à une ressource abondante, tandis que le Venezuela mise sur l’investissement étranger pour relancer une industrie pétrolière longtemps affaiblie. Reste à savoir si les promesses annoncées — doublement des réserves américaines, dizaines de milliards de recettes fiscales pour Caracas — résisteront à l’épreuve de la mise en œuvre.




