À chaque kilomètre parcouru à vélo, c’est 1 dinar de coûts de santé économisé. Des données épidémiologiques qui incitent à prendre conscience que le vélo est un puissant outil de santé publique, dont la pratique doit être favorisée. Les études épidémiologiques rapportent que 100 minutes de pratique par semaine réduisent la mortalité de 10 %, toutes causes confondues, ainsi que les risques de cancers, de diabète et de maladies cardiovasculaires.
Selon le cardiologue Faouzi Addad, « la pratique régulière du vélo, sport d’endurance par excellence, renforce le muscle cardiaque, augmente le volume d’éjection systolique et améliore la variabilité de la fréquence cardiaque. Elle favorise aussi une meilleure élasticité artérielle et diminue la fréquence cardiaque au repos comme à l’effort, réduisant ainsi le travail du cœur.”En plus de ces bienfaits cardiovasculaires, Dr Addad récise que “le vélo procure une réelle sensation de bien-être : libération d’endorphines (hormones du bonheur) et baisse des hormones du stress (adrénaline, noradrénaline, cortisol).45 minutes de vélo, 3 fois par semaine suffisent pour faire baisser la pression artérielle de 5 à 10 mmHg (prévention ou réduction des traitements de l’HTA), améliorer le métabolisme, diminuer l’insulino-résistance et prévenir et aider au traitement du diabète sans oublier de réduire de 30 % le risque de récidive après un accident coronaire, quand le vélo est repris progressivement, sous contrôle médical.Le délai de reprise, l’intensité et la durée doivent toujours être définis avec votre cardiologue. Les principes universels : reprise douce, terrain plat, bonne hydratation et respect du traitement”
Un check-up médical est fortement recommandé
.« Pour celles et ceux de plus de 40 ans souhaitant se remettre au vélo, , un check-up médical est fortement recommandé, surtout en présence de facteurs de risque cardiovasculaire » conseille Dr Addad qui rêve de voir un jour des pistes cyclables partout en Tunisie, car ce serait l’une des meilleures préventions dans un pays à si haut risque cardiovasculaire.
Il est vrai qu’ il ne suffit pas de dire aux gens de pédaler, il faut leur proposer des infrastructures pour le faire en toute sécurité, soit des pistes cyclables séparées de la route ou des voies uniquement réservées aux vélos notamment en réduisant la place de la voiture en ville tout en proposant des infrastructures adaptées. En remplaçant la voiture, le vélo réduit aussi les émissions de polluants atmosphériques, délétères pour la santé. Là encore, si on part des trajets de moins de 5 km, si le vélo était préféré à la voiture une fois sur deux (soit pour un quart des petits trajets), les émissions de CO2 seraient réduites de 250 kilotonnes par an, ce qui éviterait plusieurs décès annuels et une augmentation des coûts sociaux de santé.
Mohamed Sélim
