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Le recul du taux d’inflation signifie-t-il  une baisse des prix ?

L’inflation en Tunisie poursuit son accélération, avec un troisième mois consécutif de hausse. Le taux d’inflation est passé de 5,1% en juillet à 5,4% en août, avant d’atteindre 5,6% en septembre. Mais pour comprendre l’inflation et ses répercussions sur le pouvoir d’achat, il est nécessaire de distinguer le ralentissement du rythme de la hausse des prix d’une baisse effective de ces derniers, tout en tenant compte de l’évolution des revenus et des habitudes de consommation des ménages tunisiens, a souligné l’économiste Safouane Ben Aissa, précisant  que l’inflation reflète une hausse généralisée et continue des prix des biens et des services

L’économiste a expliqué  qu’un recul du taux d’inflation ne signifie pas une baisse des prix, mais plutôt un ralentissement de leur rythme d’augmentation.  Selon les chiffres officiels, le taux d’inflation en Tunisie a atteint 5,6 % en septembre 2026, marqué par une hausse des prix de 8,4 % pour les produits alimentaires et les boissons, de 16,5 % pour la volaille, de 16,3 % pour les fruits frais et de 14,6 % pour la viande ovine.

Ben Aissa a estimé que la hausse des prix alimentaires pèse plus lourdement sur les ménages à faibles revenus, qui consacrent une part importante de leur budget à l’alimentation, ce qui explique pourquoi la perception de la cherté de la vie varie d’un ménage à l’autre tout en rappelant que le pouvoir d’achat dépend à la fois de l’évolution des prix et de celle des revenus : si le revenu augmente de 3 % alors que le coût du panier de consommation progresse de 6 %, le pouvoir d’achat diminue de 3 %.

L’expert économique a abordé le concept d’« inflation ressentie », qui explique pourquoi les citoyens perçoivent une hausse du coût de la vie même lorsque le taux d’inflation global est inférieur aux augmentations enregistrées sur certains produits spécifiques ,précisant que la fréquence des achats de denrées alimentaires, de fruits et de légumes rend le consommateur plus attentif à la hausse de leurs prix. Par ailleurs, la pénurie de certains produits subventionnés peut contraindre les ménages à se tourner vers des alternatives plus coûteuses, tandis que la réduction du format des emballages, à prix inchangé, augmente le coût réel des produits.

Safouan Ben Aissa a affirmé que l’inflation cumulée explique la persistance de la cherté de la vie malgré le ralentissement du taux d’inflation ,indiquant que si le coût d’un panier de consommation passe de 100 à 110 dinars, puis augmente de 5 % l’année suivante, son prix atteint alors 115 dinars, insistant sur la nécessité de mettre à jour la base de données et les pondérations utilisées pour calculer l’indice des prix à la consommation  actuellement fondé sur l’année de référence 2015  afin qu’elles reflètent l’évolution des habitudes de consommation des ménages.

                                     Mohamed Selim

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