À la une

Sauver… NOTRE TUNIS AIR : est-il encore possible… !!??

Par Mustapha Machat

UniversNews – Soyons francs. Le 26 octobre, j’avais un vol Tunis–Paris. Départ prévu : 8 heures du matin. Départ réel : 13 heures. Cinq heures de retard et, surtout, aucune information. Pas un mot, pas une excuse, pas une explication. Un panneau qui repousse l’heure, une salle bondée, des enfants épuisés . Ce n’est pas un incident : c’est devenu un système. Les retards sont de plus en plus massifs et ils durent de longues heures.

On nous dira que la ponctualité s’est améliorée, passant de 39 % à 54 %. Soit. Mais cela signifie qu’un vol sur deux accuse encore du retard. Peut-on se féliciter d’une compagnie nationale qui arrive à l’heure une fois sur deux ?

Effectif : record mondial

Pour comprendre, il faut regarder la masse salariale. En 2018, le PDG de l’époque, Elyes Mnakbi, expliquait que, dans le monde, une compagnie emploie environ 80 personnes par avion en service, alors que Tunisair en comptait 165. Un an plus tard, les chiffres évoqués par le ministre étaient de 200 agents par appareil, avec un objectif de réduction à 164, contre une norme internationale d’environ 84. Royal Air Maroc, avec une flotte deux fois plus grande, employait moins de 4 000 personnes. Avec une flotte qui compte aujourd’hui dix-neuf appareils, dont quelques uns seulement en service, ce ratio donne le vertige. Un record mondial ? Sans pouvoir l’affirmer, nous sommes parmi les plus mal placés de la planète.

Tout bascule après le 14 janvier 2011. Dans l’euphorie et sous la pression, environ 1 200 personnes sont recrutées après la   » révolution « , sous les gouvernements dominés par Ennahdha. Les effectifs gonflent jusqu’à près de 8 000 salariés. Le même PDG dénonçait des postes fictifs, des salariés qui ne viennent pas, et jusqu’à 900 bagagistes devenus directeurs ou chefs de service. Résultat paradoxal : trop de monde au bureau, pas assez sur le tarmac. Évidemment le hasard n’ a pas de place : Le chômage a été

« résolu » sur le papier, au détriment de la compagnie. Une titularisation à outrance dont nous payons encore la facture.

Et l’UGTT ? Chaque tentative de restructuration s’est heurtée à une même muraille. En 2018, le gouvernement et les syndicats ne parvenaient pas à s’accorder sur un plan, y compris pour 1 200 départs. Le droit syndical est sacré, personne ne le conteste. Mais défendre des emplois n’est pas défendre une compagnie qui coule : à force de tout protéger, on finit par tout perdre, et les emplois avec.

États financiers

Les derniers comptes publiés sont accablants. Pour 2023, le groupe affiche une perte d’environ 243 millions de dinars et des capitaux propres négatifs de l’ordre de 2 milliards, avec une alerte des commissaires aux comptes sur la continuité d’exploitation. En 2022, la perte était déjà de 221 millions et les capitaux propres consolidés négatifs de 1,75 milliard. Et ces comptes arrivent tard : ceux de 2022 et 2023 n’ont été publiés qu’avec un long retard, et ceux de 2024 se font toujours attendre. Une société cotée qui tarde à dire la vérité de ses chiffres ne protège personne : ni ses actionnaires, ni ses salariés, ni ses passagers.

À cela s’ajoutent une dette de 2,6 milliards de dinars évoquée par le ministre lui-même et un carburant dont le prix a presque doublé. Une des entreprises publiques les plus malades du pays !

Pendant ce temps, les occasions défilent. La Libye vient de lever les restrictions qui pesaient sur son espace aérien depuis 2015. Des responsables de Boeing, en présence de l’ambassadeur américain, viennent d’être reçus à Tunis pour parler de modernisation de la flotte. De belles perspectives, de belles paroles… mais avec quels avions, quelles équipes, quels moyens ? Une compagnie qui immobilise la quasi _ totalité de sa flotte n’a pas le luxe de rêver.

ALORS , QUE FAIRE  ? Continuer à injecter de l’argent public dans un gouffre sans fond ? Non ! Pas un dinar de plus sans un programme clair, chiffré, daté, assumé. Un programme qui fera mal socialement : il faut avoir le courage de le dire. Mais mieux vaut une douleur claire et maîtrisée qu’une agonie lente qui emportera tout, avec les milliers d’emplois qu’on prétend protéger.

Il faut oser. Oser les mesures nécessaires, urgentes, et surtout celles qui dérangent : réduire les sureffectifs avec un accompagnement social digne, garder les compétences utiles, couper les lignes qui perdent, publier les performances, exiger des comptes. Oser affronter les résistances, les habitudes, les intérêts. Oser, enfin, décider.

nou n ’avons plus de temps à perdre . je connais  cette compagnie  _ jadis fleuron , voire  exemplaire eh modèle _ depuis  la direction de mes grands amis  fawzi belkahia , le général abdelhamid fehri  et  taher  haj ali i ( allah yarhamhom wi naamhom ) , et l illustre ministre des transports ahmed smaoui . je  dois tirer la sonnette d alarme et confirmer un bonne fois pour toute l urgence  de la situation avant  qu’il ne soit trop tard…

Et si, déjà, il l’était ?!!!

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page