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Place du Bardo : trois tunnels pour en finir avec les bouchons d’ici fin 2027

TUNIS _ UNIVERSNEWS  . Après des mois de déviations et de rues fermées, le visage de la place du Bardo se précise. Trois passages souterrains pour véhicules, des traversées piétonnes modernisées et une place entièrement repensée doivent transformer l’un des carrefours les plus engorgés du Grand Tunis. L’achèvement est désormais annoncé pour octobre 2027.

Le réaménagement de la place s’inscrit dans le chantier de la ligne D du Réseau ferroviaire rapide (RFR), qui relie Tunis, le Bardo et El Kabaa. Cette ligne est en exploitation depuis janvier 2025, à l’exception du tronçon qui traverse la ville du Bardo. Ce dernier ne représente qu’environ 18 % du projet, mais c’est de loin le plus délicat, car la voie ferrée y coupe des axes routiers très fréquentés.

L’objectif est simple : faire disparaître les passages à niveau, sources de ralentissements pour les trains comme pour les automobilistes. Ils seront remplacés par trois tunnels routiers creusés sous la voie ferrée. Deux d’entre eux relieront la rue de l’Indépendance à la place du Bardo, dont l’un en direction de Khaznadar et Denden. Le troisième fera la jonction entre la rue Bayrem Ettounsi et la place.

Les piétons ne sont pas oubliés. Des passerelles et des passages souterrains, équipés d’ascenseurs et d’escaliers mécaniques, leur permettront de franchir les voies en toute sécurité.

Une place entièrement redessinée

Au-delà des ouvrages de circulation, c’est toute la place qui fait peau neuve selon un nouveau plan urbain. Le projet prévoit l’installation d’une fontaine et l’aménagement d’espaces verts sur ce site chargé de symboles, situé à deux pas de l’Assemblée et du musée national. L’ensemble des travaux est évalué à quelque 400 millions de dinars.

À terme, la société du RFR promet un gain de temps significatif : le trajet en train rapide entre le Bardo et la place Barcelone ne devrait pas dépasser sept minutes, les rames n’ayant plus à ralentir à la traversée de la ville.

Un calendrier qui glisse

Le chantier a pourtant pris du retard. Lancé pour une durée d’environ deux ans, il devait initialement s’achever en août 2027. La date de fin a depuis été repoussée à octobre 2027.

Pour limiter les perturbations, l’exploitant a opté pour des déviations progressives et des fermetures échelonnées. Depuis mai 2025, la circulation est partiellement déviée autour du croisement des routes nationales 5 et 7 et de l’avenue Bayrem Ettounsi. En novembre 2025, plusieurs rues du côté de Mellasine ont été fermées pour six mois. Pour les riverains et les usagers quotidiens, la patience est mise à rude épreuve.

L’inondation du tunnel d’Erraoudha, en septembre dernier après de fortes pluies, a par ailleurs ravivé les interrogations sur la conception des ouvrages au Bardo. Un député a réclamé un réexamen des études et la détermination des responsabilités. La direction du RFR assure de son côté poursuivre la coordination avec les autorités locales pour que les infrastructures soient prêtes avant leur mise en service.

Un enjeu de crédibilité

Pour les habitants du Bardo, qui subissent depuis des années les embouteillages et les nuisances du chantier, l’enjeu est concret : retrouver une circulation fluide et une place digne de son rang. Pour l’État, il s’agit de prouver qu’un grand projet de transport urbain peut être livré dans les délais annoncés. Rendez-vous fin 2027 pour juger sur pièces.

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