
Tunis, UNIVERSNEWS (SEF) -L’administration américaine a publié une liste actualisée du processus d’augmentation des droits de douane sur les marchandises importées de plusieurs pays, dont la Tunisie, dans le cadre d’une «mise à jour» qui inclut tous les partenaires commerciaux des États-Unis d’Amérique. Nul doute que ce qui retient l’attention dans cette liste, c’est la nette différence dans les droits de douane imposés d’un pays à l’autre, ce qui en soi nécessite une pause et une explication, surtout que ces nouvelles barrières tarifaires ont été mis en exécution, depuis hier, mercredi 2 avril 2025.
Contre vents et marées, Donald Trump fonce comme un taureau, sans tenir compte des objections, à l’intérieur et à l’extérieur des Etats Unis, avec même les plus proches partisans et soutiens qui en subissent les conséquences et subissent les contrecoups, au niveau de leur développement économique, sans parler, aussi, des pays défavorisés qui risquent gros, avec ces nouveaux droits de douane éhontés.
Cela ne doit pas être bizarre, si on tient compte des considérations objectives avec ce qui caractérise la personnalité du nouveau-ancien résident de la Maison Blanche : une volonté d’afficher la puissance et le narcissisme incarnés dans le slogan « America First ». C’est une démonstration de force qui reflète une politique protectionniste et une vision centrale, dans tous les domaines, y compris le domaine économique, sur fond du sentiment de la « capacité » du pays de l’Oncle Sam à se passer de tout le monde, et par conséquent une possibilité d’instaurer son autorité de leur imposer ce qu’il veut.
Il existe également des «considérations» spécifiques à la Tunisie concernant l’augmentation des droits de douane d’un pourcentage jugé excessif et avec des obstacles supplémentaires aux exportations vers le marché américain. Le contexte politique est présent à la lumière des «objections» exprimées par Donald Trump à l’égard de la politique tunisienne. Le taux d’augmentation peut être considéré comme un autre message politique selon lequel l’administration Trump traitera la Tunisie d’une manière différente de l’administration Biden, dont l’ambassadeur, Joe Hood, a « prétendu » travailler à ouvrir davantage les marchés américains aux produits tunisiens.
Les messages politiques sont également liés aux questions de sécurité, car cette décision intervient quelques jours après que le secrétaire d’État américain ait indiqué dans un message de félicitations au « peuple et au gouvernement » à l’occasion de la fête de l’indépendance qu’il existe des frontières communes entre la Tunisie et les États-Unis d’Amérique, ce qui traduit une volonté américaine de voir la Tunisie faire un «plus grand effort» en matière de lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine. Les USA considèrent depuis des décennies que leur sécurité nationale est affectée par ce qui se passe dans toutes les régions du monde, et cela est de plus en plus confirmé par Donald Trump, qui estime que le monde entier doit être au service de l’Amérique.
Bien entendu, des considérations « aléatoires » n’expliquent pas à elles seules cette décision. Il y a une volonté de la part de l’occupant de la Maison Blanche de protéger les oléiculteurs de Californie, outre le fait que les relations économiques et commerciales entre la Tunisie et Washington sont gérées par des accords bilatéraux limités, et l’absence d’accord de libre-échange est une des raisons de la décision américaine, outre le volume des exportations tunisiennes qui dépendent surtout de l’huile d’olive, des dattes et des matières semi-finies, et ne dépassent pas un demi-milliard de dollars, ce qui est un chiffre faible par rapport au volume des exportations des autres pays.
Tout cela converge vers le fait que la partie américaine ne sera pas affectée par l’augmentation des taux des droits de douane sur la Tunisie, alors que l’inverse ne semble pas être vrai.