
Tunis, UNIVERSNEWS (NAT) – La violence ne cesse de s’amplifier dans nos écoles. De plus en plus fréquents, les actes d’agression physique, verbale ou psychologique détruisent le climat scolaire et compromettent l’avenir des élèves. Ce problème alarmant reflète une société en difficulté et exige une réponse immédiate et audacieuse. Les menaces et agressions de la part des parents d’élèves augmentent ces dernières années. Elles font même partie des principaux risques du métier d’enseignant.
Selon les statistiques du ministère de l’éducation, 1200 cas de violence grave contre les enseignants ont été enregistrés au cours des trois dernières années. Ces violences physiques sont les situations les moins fréquentes et restent rares en milieu scolaire : coups et blessures, menaces …. Les violences verbales sont plus courantes, telles que les insultes, menaces graves, injures, moqueries, mots blessants en direct, ou sur les réseaux sociaux, qui se prolongent en dehors des heures de cours.
Un parent d’élève vient d’être placé en garde à vue, suite à l’agression d’une institutrice à Sidi Bouzid. Il risque plusieurs années de prison et une amende pour les faits qu’on lui reproche. C’est ce qu’a indiqué, jeudi 27 février 2025, le porte-parole du tribunal de première instance de Sidi Bouzid, Jawhar Gabsi. sur les ondes de Jawhara FM,
Agir vite contre ce fléau !
La violence à l’école n’est pas un phénomène isolé : elle est le miroir de fractures sociales plus profondes. Pauvreté, inégalités, conflits familiaux et exposition à des contenus violents sur les réseaux sociaux façonnent un environnement toxique pour les enfants. Les enseignants subissent cette violence, ce qui accentue leur démotivation et met en péril leur mission d’éduquer. Comment expliquer ce désamour entre parents d’élèves et profs qui tourne parfois à la violence?
Souvent, tout part d’un manque de communication. Il y a énormément d’attentes de la part des parents pour les élèves qui se traduit par une pression sur les enseignants, décortique un directeur d’école. L’institution scolaire peine à jouer son rôle d’ascenseur social, les parents veulent le meilleur pour leur enfant et s’inquiètent, dès la maternelle, de savoir dans quelle filière il ira. Quitte à oublier parfois que les enseignants ne sont pas toujours à leur service, mais bien à celui de la collectivité. Une situation qui provoque de nombreux malentendus, exacerbés par un manque de dialogue.
On convoque souvent quand ça va mal, et à l’inverse il y a peu de dialogue quand ça va bien. Il faut repenser le rapport parents-enseignant, et amener les parents à réinvestir l’école. Il ne faut pas minimiser les actes de violence subis par le personnel enseignant, même a priori minimes, car les problèmes surviennent à la suite de la répétition de ces violences, qui crée une charge émotionnelle pesante et dégrade les conditions de travail sur le long terme.
Il est urgent d’agir. La lutte contre la violence scolaire nécessite une stratégie claire et des actions concrètes. D’abord, les autorités doivent instaurer une discipline basée sur le respect mutuel, en formant les enseignants à la gestion des conflits. Les écoles doivent redevenir des lieux sûrs et stimulants, où les enfants apprennent et grandissent sans peur. Cela nécessite une mobilisation collective et un vrai dialogue entre les enseignants et les parents. (M.S)