
UniversNews (Politique) – Massad Boulos, conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes, africaines et moyen-orientales, poursuit sa tournée au Maghreb, qui a débuté le samedi 25 janvier à Benghazi et s’achèvera le mercredi 28 janvier à Rabat. Cette tournée revêt une importance particulière compte tenu de sa position au sein de l’administration Trump : gendre du président et figure-clé de sa campagne électorale.
Tout le monde sait que les considérations personnelles et familiales priment sur tout pour le président américain. L’importance de cette visite tient également au fait que la nouvelle administration américaine ne cache pas sa conviction que la stabilité du Maghreb est essentielle à la sécurité des États-Unis et que Washington ne classe pas tous les régimes maghrébins à la même enseigne.
A titre d’exemple, la Maison Blanche considère le régime marocain comme un allié plus proche de Washington que les autres régimes du Maghreb, surtout qu’elle dispose de moyens de pressions très importants. Sans aucun doute, la tournée de Massad Boulos a abordé des sujets connus, présentés au public, certes de manière protocolaire et parfois vague, parallèlement à des questions et des dossiers discutés lors de réunions à huis clos, dont seules quelques fuites soigneusement sélectionnées ont été divulguées.
Il est clair que l’intention de « contenir » l’expansion chinoise et russe dans la région figure parmi les principaux objectifs de la tournée de Massad Boulos. Des dispositions sont bel et bien prévues pour l’après-7 octobre 2023, auxquelles l’administration américaine accorde une attention particulière. D’après les comptes rendus des réunions du conseiller principal de Donald Trump pour les affaires arabes, africaines et moyen-orientales en Libye, en Tunisie et en Algérie, l’accent a été mis sur le rétablissement de l’unité politique de la Libye, outre l’aspect économique.
En substance, Mossad Boulos a soutenu les efforts de la Tunisie, de l’Algérie et de l’Égypte visant à trouver une solution libyenne-libyenne à la division institutionnelle que connaît la Libye, mais rien n’empêche que les « réserves » exprimées par le gouvernement de Dbeïbah à l’égard de ces efforts ne soient pas loin d’un signal américain dans ce sens. Ceci s’explique par le fait que Washington se rend compte qu’il n’y a pas d’harmonie complète entre l’Algérie et la Tunisie d’une part, et Tripoli d’autre part, et qu’il est l’un des plus prompts à trouver des divergences afin de les utiliser pour servir ses politiques dont la plupart des objectifs sont entourés d’ambiguïté.
Les différents sujets abordés lors de la tournée de Massad Boulos d’une capitale à l’autre confirment ce que nous avons indiqué d’une part, et mettent également en évidence des différences, certes mineures, dans les relations entre Washington et les capitales du Maghreb. Massad Boulos a été reçu à Benghazi par Khalifa Haftar et son fils Saddam, et s’est entretenu à Tripoli avec Abdelhamid Dbeïbah et Mohamed Al-Manfi. En Algérie, il a été reçu par Abdelmadjid Tebboune, tandis que lors de sa visite en Tunisie, il n’a rencontré que le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti. Il semble que les répercussions de sa rencontre houleuse avec le président Kaïs Saïed en juillet dernier se fassent encore sentir.



