UniversNews (Santé) – La maladie d’Alzheimer reste une maladie du silence. De nombreuses familles tunisiennes préfèrent minimiser les symptômes ou les attribuer à un vieillissement normal. Le diagnostic est souvent posé à un stade avancé, tandis que la charge des soins repose presque entièrement sur la famille. Ce silence ne protège ni le patient ni les soignants. Il isole, épuise et rend difficile la mise en place d’une réponse collective et institutionnelle adéquate.
Ainsi à l’occasion de la Journée Mondiale Alzheimer le 21 septembre, les professionnels de la santé en profitent de pour sensibiliser le grand public aux actions de prévention, soutenir les malades et les aidants et faire le point sur les dernières avancées de la recherche qui permettent une prise en charge plus fine, plus adaptée, plus humaine des hommes et des femmes.Longtemps, on parlait de démences, les professionnels de santé préfèrent une expression plus précise, plus éthique et scientifiquement fondée : les maladies neurocognitives. Ces maladies ont en commun une altération progressive d’une ou plusieurs de nos fonctions intellectuelles, qualifiées par les spécialistes de cognitives (mémoire, langage, perception, concentration, organisation, raisonnement…), parfois associée à des modifications du comportement ou de la motricité.La Tunisie compte plus de 100 000 personnes atteintes d’Alzheimer, soit près de 4,7% de la population âgée de plus de 60 ans.. Ce chiffre passera à 140 mille en 2050. Un mal qui risque de s’aggraver avec la croissance de la population, mais surtout la prolongation de l’espérance de vie.Maladie dégénérative qui provoque des lésions au niveau du cerveau, et ne constituant pas un processus normal de vieillissement, elle n’a pas encore livré ses secrets aux chercheurs. Faute de traitement curatif, il existe cependant des médicaments qui agissent sur certains symptômes et des stratégies qui peuvent aider à la fois la personne atteinte de la maladie et sa famille.
Faire face à la propagation croissante des troubles neurocognitifs.
À l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer 2026, l’Association tunisienne de lutte contre la maladie d’Alzheimer a mis en garde contre la prévalence croissante des troubles neurocognitifs affectant la mémoire, l’attention et la capacité à accomplir les activités quotidiennes, en particulier dans un contexte marqué par le vieillissement de la population en Tunisie.Afaf Hammami, présidente de l’association, a souligné que la maladie d’Alzheimer ne se limite pas aux troubles de la mémoire, mais représente un défi majeur sur les plans médical, familial, social et de santé publique. Elle a appelé à renforcer la prévention et le diagnostic précoce, à former les professionnels de santé, à assurer une prise en charge spécialisée et pluridisciplinaire, et à soutenir les familles des patients ainsi que les aidants. Elle a précisé que la maladie d’Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence, représentant environ 60 à 70 % des cas, soulignant que l’augmentation du nombre de cas de démence nécessite l’adoption d’une approche préventive et d’un diagnostic précoce, ainsi qu’une coordination des efforts entre les soins, la formation des professionnels de santé, la rééducation et le soutien aux familles et aux aidants.
Absence de registre national de la maladie d’Alzheimer
La Présidente de l’Association tunisienne de lutte contre la maladie d’Alzheimer a également indiqué que des données scientifiques récentes ont démontré qu’il est possible de prévenir ou de retarder le risque de démence en agissant sur plusieurs facteurs modifiables tout au long de la vie. Elle a indiqué que la Tunisie ne dispose pas de registre national de la maladie d’Alzheimer ; il est donc nécessaire de suivre et d’interpréter les chiffres avec précision pour appréhender la réalité de la prévalence de la maladie dans le pays. Elle a rappelé que les rapports médicaux et les recherches internationales du projet « Charge mondiale de morbidité » (GBD) ont estimé le nombre de personnes atteintes de démence en Tunisie à environ 95 000 cas en 2019, prévoyant que ce chiffre atteindrait 330 000 cas d’ici 2050, précisant que la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, célébrée chaque année le 21 septembre, constitue une occasion de sensibiliser aux symptômes de la maladie et aux différents types de démence, d’encourager le diagnostic précoce et de soutenir les patients ainsi que leurs familles. L’’Association tunisienne de lutte contre la maladie d’Alzheimer organise, les 27 et 28 novembre 2026 à Tunis, le Congrès national sur la maladie d’Alzheimer sous l’égide du ministère de la Santé. Cet événement réunira des experts nationaux et internationaux issus de diverses spécialités, notamment la neurologie, la gériatrie, la cardiologie, la psychiatrie, l’oncologie, ainsi que des spécialistes en nutrition, en médecine préventive
