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Conférence du MAC SA: L’intelligence artificielle… entre espoirs et inquiétudes !!!

Univers News (SEF) – L’intelligence artificielle (IA) est une réalité qui ne cesse de transformer notre quotidien et notre économie. Pourtant, force est de constater que les promesses de création de valeur ne sont pas souvent au rendez-vous. Or l’IA a souvent été présentée comme une technologie révolutionnaire qui allait permettre de générer massivement de nouveaux revenus et d’augmenter significativement la rentabilité des entreprises. Pour expliquer cet écart entre discours et réalité, la conférence « IA 360° : De la Vision à l’Exécution », organisée par MAC SA, le 25 septembre 2026 à L’Odyssée Gammarth a essayé de faire comprendre cette technologie et les spécificités des projets qui lui sont liés. Ce rendez-vous organisé par MAC Sa a réuni des experts et décideurs autour de l’impact de l’intelligence artificielle sur l’économie et les entreprises, notamment les enjeux de souveraineté, infrastructures, compétitivité et talents dont Mourad Ben Chaabane, Directeur Général de MAC SA, Néji Ghandri, Président du Conseil Bancaire et Financier (CBF), l’ancien commissaire européen Thierry Breton, Emmanuel Vignon, expert en IA, data et transformation digitale, et l’économiste Philippe Dessertine,

Le modérateur Olivier Ravanello a indiqué que le choix du thème de la conférence revêt une importance fondamentale eu égard au développement que connait le monde numérique. La compréhension des enjeux de l’IA générative permettra de mieux préparer les générations futures et les doter des outils essentiels en vue de créer de la valeur .Cette révolution technologique, caractérisée par des systèmes capables d’apprendre et de prendre des décisions de manière autonome, a soulevé des préoccupations liées à l’emploi, à la vie privée, à la sécurité et, bien évidemment, à l’éthique.

Mourad Ben Chaabane, Directeur Général de MAC SA, est intervenu en ouverture de la conférence. Il a notamment mis l’accent sur le passage de la réflexion sur l’IA à son utilisation concrète dans l’entreprise, précisant que le véritable enjeu n’est plus de découvrir l’IA, mais de savoir quoi en faire.

Un élément marquant de son intervention a été la démonstration d’un agent IA utilisé par lui-même comme interlocuteur professionnel : analyse d’informations, confrontation d’idées et soutien à la réflexion avant une décision. La démonstration insistait toutefois sur le fait que l’IA est un outil d’accompagnement et non un substitut au jugement humain. C’est un outil d’aide au calcul et à l’analyse, mais elle ne possède ni conscience ni éthique pour se substituer au discernement humain.La véritable force réside dans la collaboration où l’outil guide la méthode, mais où la responsabilité finale revient toujours à la personn

Néji Ghandri (Président du Conseil Bancaire et Financier) : l’IA comme levier d’innovation et de création de valeur

Néji Ghandri, président du Conseil Bancaire et Financier (CBF), y est intervenu sur le passage de l’expérimentation de l’IA à sa création de valeur concrète. L’intelligence artificielle est un levier stratégique incontournable pour transformer l’information en valeur concrète. Pour lui, l’adoption de l’IA ne doit plus être une simple expérimentation technologique, mais un moteur d’efficacité opérationnelle et de compétitivité pour les entreprises.L’enjeu n’est plus simplement d’adopter des outils d’IA, mais de déterminer où les utiliser, comment les industrialiser et comment mesurer leur valeur.

Ghandri a souligné que l’IA est désormais devenue une composante fondamentale des opérations quotidiennes des banques. Précisant que le rôle de la banque ne se limite pas au financement, mais s’étend également à l’accompagnement des entreprises dans leurs projets de transformation numérique, à travers ses expertises internes et externes, ainsi que par la valorisation des compétences tunisiennes à l’étranger, notamment dans les domaines de l’analyse des marchés, de la gestion des risques et de la prévision des tendances économiques. Quatre prérequis ont été mis en avant : des données fiables, des systèmes d’information interopérables, des infrastructures de calcul adaptées et des compétences. Dans le secteur bancaire, les applications potentielles concernent notamment le crédit, la gestion des risques, la lutte contre le blanchiment, la relation client et les fonctions informatiques. Pour qu’une entreprise puisse exploiter efficacement l’IA, elle doit disposer de données fiables et correctement structurées, d’une gouvernance claire des données ,de systèmes d’information capables de communiquer entre eux et d’infrastructures de calcul adaptées, de compétences humaines capables de concevoir, déployer et contrôler les solutions d’IA.

L’intelligence artificielle est utilisée pour la sécurité en automatisant la détection des menaces et en analysant en temps réel de vastes volumes de données pour bloquer les cyberattaques. L’enjeu de l’IA dépasse la simple conception des modèles, repose désormais sur la maîtrise matérielle, énergétique et informationnelle et porte sur les données, la puissance de calcul, les datacenters.Pour les clients, L’IA peut notamment contribuer à améliorer la connaissance et l’expérience client, anticiper les risques et améliorer la performance opérationnelle et financière . Pour les entreprises, l’IA va donc largement remodeler les processus organisationnels des entreprises et rendre ces dernières plus performantes. L’intelligence artificielle (IA) est devenue un pilier de la compétitivité des entreprises : neuf entreprises sur 10 affirment que l’intelligence artificielle leur permet d’avoir un avantage compétitif sur leurs concurrents . L’adoption de cette technologie est motivée par la nécessité de rester compétitif dans un marché en constante évolution. L’IA n’est plus une technologie expérimentale ou prospective .Elle est désormais un outil concret de transformation économique et doit être intégrée dans les stratégies des entreprises.

Thierry Breton : l’Intelligence artificielle, c’est une évolution plus qu’une révolution

L’ancien commissaire européen au Marché intérieur a partagé son enthousiasme face à l’essor de l’intelligence artificielle. Il s’est réjoui de l’arrivée de l’intelligence artificielle « c’est une évolution plus qu’une révolution . Je considère cette technologie comme une évolution majeure qui va transformer de nombreux aspects de notre quotidien et de l’économie. Il s’agit d’un changement progressif à accompagner plutôt qu’à redouter ou à stopper. C’est un bon signe qui permet d’exploiter un immense patrimoine de données accumulé depuis plus de vingt ans « estime-t-il, évoquant une prise de conscience globale autour de ces technologies

Thierry insiste sur les transformations profondes à venir dans la société : éducation, entreprises, mais aussi démocratie. « Ça va changer énormément de choses dans notre façon de vivre », a-t-il affirmé. Mais « il faudrait encadrer les principaux risques.. C’est pourquoi la souveraineté passe notamment par la capacité à maîtriser les technologies et les infrastructures stratégiques : données, cloud, IA, cybersécurité, semi-conducteurs, 5G/6G, espace et défense…La question n’est plus de savoir si l’IA va transformer l’économie, mais comment l’encadrer et en tirer de la valeur.»

Le commissaire européen a expliqué que la souveraineté technologique repose sur une réalité matérielle : énergie, réseaux, data centers, cloud et puissance de calcul. L’IA, par exemple, nécessite simultanément des données, des capacités de calcul et une alimentation énergétique suffisante.«.La souveraineté, ajoute t-il n’est pas seulement une question ou réglementaire : elle dépend de la capacité à disposer simultanément des compétences, du capital, de l’énergie, des infrastructures et des entreprises permettant de maîtriser les technologies»

Breton a précisé que qu’un modèle d’IA sans puissance de calcul, énergie, data centers et données ne peut pas réellement produire de valeur. La confiance ajoute , Breton apparaît comme une condition essentielle à l’adoption de l’IA, aussi bien par les entreprises que par les citoyens.Pour la Tunisie, l’enjeu n’est pas nécessairement de construire le plus grand modèle d’IA, mais de déterminer sur quels éléments elle veut construire une capacité durable : données, infrastructures, énergie et compétences. Cela implique notamment davantage d’investissements privés et publics,des marchés capables de faire émerger des acteurs de taille mondiale ,des infrastructures compétitives

La Tunisie pourra-t-elle développer son propre modèle en intelligence artificielle?

La Tunisie pourra-t-elle développer ses propres capacités en intelligence artificielle ?Pour Emmanuel Vignon, expert en IA, data et transformation digitale, la réponse n’est pas aussi simple. « Entraîner un grand modèle de langage à partir d’une feuille blanche exige des data centers, des investissements colossaux en supercalculateurs et en énergie, monopolisés aujourd’hui par les géants technologiques mondiaux. La concurrence internationale rend l’accès aux puces graphiques (GPU) très cher et complexe pour les nations émergentes. Même les acteurs européens les plus avancés doivent consentir des efforts financiers importants pour rester dans cette compétition

Selon Vignon, la question n’est pas uniquement de savoir quel modèle la Tunisie utilisera, mais avec quelles données et quelles infrastructures ? Le pays a-t-elle les mêmes moyens que les grandes puissances pour mener la course aux modèles fondamentaux? Le coût de la recherche est trop cher. Certes la Tunisie dispose de bonnes compétences. Cet atout est essentiel, mais il ne suffit pas.

Mohamed Sélim

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