
Par Mustapha MACHAT
UniversNews (EDITO) – Depuis le 21 septembre, la jeunesse française bloque ses lycées et affronte la police. À sept mois de la présidentielle, le fantôme de Mai 68 ressurgit. La comparaison est tentante, mais trompeuse.
« Sous les pavés, la plage », écrivait-on en 1968. En 2026, sous les pavés, il y a des salles sans chauffage et des professeurs jamais remplacés. Le décor a changé ; le tumulte, lui, semble familier.
Parti d’un lycée de Créteil, le mouvement a gagné tout le pays en deux semaines. Le 6 octobre, il a réuni entre 256 000 et 450 000 manifestants selon les sources. Le bilan est lourd : plus de 6 000 interpellations et des centaines de blessés, chez les élèves comme chez les forces de l’ordre.
Les revendications, elles, sont simples : des bâtiments salubres, des classes moins chargées, des professeurs devant les élèves. Bref, des moyens.
Les ressemblances existent. Comme en 1968, la répression a transformé une contestation locale en cause nationale. Comme en 1968, on parle de « convergence des luttes » : étudiants, parents, fonctionnaires et agriculteurs rejoignent les lycéens. Et le pouvoir hésite entre fermeté et concessions, au point d’organiser lui-même des assemblées générales dans les lycées.
L’analogie se brise pourtant sur l’essentiel. Mai 68, c’est d’abord la plus grande grève de l’histoire de France, avec près de 9 millions de grévistes ; en 2026, les usines restent à l’écart. Les étudiants de 1968 contestaient une société d’abondance ; ceux de 2026 dénoncent la pénurie.
Enfin, de Gaulle incarnait un pouvoir qui semblait intouchable. Emmanuel Macron achève son dernier mandat, et la présidentielle d’avril-mai 2027 offrent déjà un probable débouché à la colère.
Le vrai cousin du mouvement lycéen n’est pas Mai 68, mais la vague « Gen Z » qui secoue le monde depuis deux ans. Au Kenya en 2024, puis au Népal, à Madagascar et au Maroc en 2025, une jeunesse connectée est descendue dans la rue. Elle a fait tomber deux gouvernements, à Katmandou et à Antananarivo.
Partout, les mêmes traits : des revendications concrètes (une école, un hôpital, l’eau courante), aucun chef, une organisation sur Discord ou TikTok. Et un même emblème, de Katmandou à Paris : le drapeau pirate du manga One Piece.
Leur force est la vitesse ; leur faiblesse, l’absence de projet. Mai 68 avait des idées, des partis et des syndicats ; la Gen Z a des smartphones et une colère.
Le précédent marocain est éloquent : en 2025, la GenZ 212 réclamait des hôpitaux plutôt que des stades, et a obtenu une hausse des budgets sociaux. Pour nous , il faut juste rappeler que le chômage des jeunes dépasse 38 %,ce qui rend la leçon très es claire : quand l’école cesse d’être une promesse, la colère précède toujours la réforme…..!!??
il est évident que le monde vit une crise de jeunesse sérieuse,et qu aujourd’hui en france sans grève générale ni rêve d’une autre société , les prochaines semaines diront si l’étincelle s’éteint avec un gouvernement qui se contente de promettre des décisions pour fin octobre….!!??
Mai 68, lui, ne s’est jamais annoncé. On ne l’a nommé qu’après coup.



