Alliance de La Mecque : l’Iran frappe à la porte, l’Égypte monte la gardecontre l iran et ses alliés…!!??

Téhéran se dit prêt à rejoindre le pacte saoudo-turco-tanaisaumoment même où celui-ci est activé contre les Houthis, ses alliés. Le Caire, sans adhérer à l’alliance, s’engage militairement aux côtés de Riyad. Derrière l’annonce, un rapport de force qui joue plutôt contre l’Iran.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré le 17 octobre que Téhéran était prêt à rejoindre l’Alliance de La Mecque, le pacte de défense mutuelle signé le 7 août par l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. Il a reconnu ne pas en connaître les détails. Il a qualifié l’initiative de pas vers l’unité du monde musulman et présenté le royaume saoudien, gardien des lieux saints de La Mecque et de Médine, comme son centre naturel. Il a aussi fait savoir, par l’intermédiaire du Premier ministre pakistanais, que l’Iran était disposé à aider à régler le conflit entre Riyad et les Houthis, et qu’il ne souhaitait pas son extension.
L’annonce n’est pas tout à fait une surprise. Dès juin, lors d’une visite à Islamabad, Pezeshkian appelait le monde islamique à former un front uni, et l’idée d’une médiation iranienne au Yémen circulait depuis la fin septembre. Elle intervient surtout dans un contexte qui en limite la portée. Le 5 octobre, les trois signataires ont activé pour la première fois le pacte et décidé de déployer des forces en Arabie saoudite, visée par des attaques houthies contre l’aéroport international de Riyad et les installations de Saudi Aramco. L’alliance que Téhéran dit vouloir rejoindre est donc mobilisée contre un groupe qui lui est proche. Islamabad avait d’ailleurs précisé qu’aucune offre iranienne écrite et ferme n’avait été formulée.
Le même jour, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a affirmé que l’Égypte prendrait toute mesure nécessaire pour défendre l’Arabie saoudite si le royaume le demandait, jugeant inconcevable de laisser porter atteinte à sa sécurité. Il a sollicité une session d’urgence du Parlement pour obtenir cette autorisation, et la présidence a promis le lendemain tout le soutien nécessaire à Riyad, y compris pour la protection des lieux saints. Le Caire n’a pas rejoint le pacte de La Mecque, mais il est membre fondateur de la coalition maritime lancée par Riyad en juillet et avait participé à la coalition de 2015 contre les Houthis. Son engagement relève d’un soutien militaire au royaume, non d’une médiation entre les camps, et rien n’indique une coordination avec Téhéran.
La balle est désormais dans le camp de Riyad. Le royaume n’a pas répondu publiquement à l’offre iranienne, que plusieurs analystes jugent davantage rhétorique qu’opérationnelle tant que les attaques houthies se poursuivent. Si l’Arabie saoudite choisissait de tester le sérieux de Téhéran, l’ouverture pourrait servir de canal de désescalade au Yémen. À ce stade, le rapport de force joue cependant contre l’Iran : la nouvelle architecture de sécurité régionale se construit autour de Riyad, avec Ankara, Islamabad et Le Caire, et elle se mobilise d’abord contre les alliés de Téhéran.
MOURAD B SLIMANE



