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Chèques et lettres de changes… de Charybde en Scylla!!!

  • Les lettres de changes ont enregistré un taux de défaut de paiement élevé de 72 %, tandis que celui des chèques impayés a diminué de 30 %
  • Le nombre de traites en circulation a grimpé de 1,3 million au cours des neuf premiers mois de 2024 à 3,4 millions sur la même période de 2025
  • Le volume des fonds échangés par le biais de lettres de change a augmenté de 59 %, passant de 25 milliards DT à 40 milliards DT

UniversNews (Finances) – Avec la prolifération du phénomène des chèques sans provision, le législateur tunisien a préféré établir des règles très strictes permettant, selon le principe, de protéger les biens et les personnes, surtout que tout émetteur de chèque sans provisions est passible d’un emprisonnement automatique, avec des amendes faramineuses qui risquent de peser lourd dans l’intention de régler les problèmes d’insolvabilité.

A cet effet, les nouvelles décisions réglementaires ont été décriées, surtout que les spécialistes de la finance ont mis en garde de transposer le problème des impayés par chèques, vers des impayés par lettres de change (traites)… ce qui est, actuellement, le cas, avec les dernières statistiques… et, bien sûr, on est passé de Charybde en Scylla !!!

Maintenant, les mises en garde se multiplient, comme c’est le cas avec l’analyste financier, Moez Hadidane, qui a plaidé pour une réforme en profondeur de la loi sur les lettres de change, également appelées billets à ordre, compte-tenu de leur utilisation en hausse spectaculaire de 161 % dans les transactions financières cette année, contrastant avec le net recul des chèques bancaires.

Dans une déclaration à la presse, il a expliqué que le problème économique s’est déplacé des chèques vers les lettres de changes qui ont enregistré un taux de défaut de paiement élevé de 72 %, tandis que le taux des chèques impayés a diminué de 30 %.

Selon les chiffres présentés, le nombre de lettres de change en circulation a grimpé de 1,3 million au cours des neuf premiers mois de 2024 à 3,4 millions sur la même période de 2025, soit une augmentation de 161 %.

Le volume des fonds échangés par le biais de lettres de change a également augmenté de 59 %, passant de 25 milliards de dinars à 40 milliards de dinars. Ce chiffre se rapproche désormais de la valeur des sukuk (obligations islamiques) sur la même période en 2025, après avoir avoisiné les 90 milliards de dinars en 2024, ce qui représente une baisse d’environ 58 %.

Hadidane a noté que tous les modes de paiement ont enregistré une diminution de 15,5 milliards de dinars. Le volume des transactions de Sukuks a diminué d’environ 55 milliards de dinars, une part importante de ces transactions étant compensée par des paiements différés ou des règlements en espèces.

Concernant les taux de rejet, le taux de rejet des Sukuks a atteint 2,4 % au cours des neuf premiers mois de 2024, puis 4 % sur la même période en 2025, la valeur des Sukuks rejetés passant de 2,3 milliards de dinars à 1,6 milliard de dinars. En revanche, le taux de rejet des lettres de change a dépassé les 8 %, tandis que le volume des montants rejetés est passé de 2 milliards de dinars en 2024 à 3,5 milliards de dinars au cours des neuf premiers mois de 2025.

L’analyste financier a confirmé que la régression de l’utilisation des moyens de paiement a directement affecté les entreprises, notamment les plus petites, qui ont eu des difficultés à effectuer des achats ou ont été contraintes à les reporter, ce qui a eu un impact négatif sur leur activité et sur le cycle économique en général, et a créé une pression supplémentaire sur leur liquidité.

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