
- Consolidation nécessaire du marché des intermédiaires en Bourse qui sont au cœur du marché!!!
- Le marché reste marqué par une diversité d’intervenants qui participent, chacun à son échelle, à la dynamique des transactions financières
Tunis, UniversNews (Finances) – Les intermédiaires en Bourse jouent un rôle clé dans la fluidité et la transparence du marché financier tunisien. Ils assurent l’exécution des ordres, la liquidité, la valorisation des titres et l’accompagnement des investisseurs. Leur efficacité se mesure à travers plusieurs indicateurs, allant du volume traité à la diversification de leurs opérations.
Le marché des intermédiaires en Bourse en Tunisie connaît une forte concentration, dominée par quelques acteurs majeurs, mais il reste marqué par une diversité d’intervenants qui participent chacun, à leur échelle, à la dynamique des transactions financières. Si le Top 10 regroupe l’essentiel des volumes échangés, les intermédiaires classés de la 11ᵉ à la 19ᵉ place jouent un rôle complémentaire non négligeable. Leur présence permet de maintenir une certaine fluidité des opérations et d’offrir aux investisseurs des alternatives dans la gestion et l’exécution de leurs ordres.
L’analyse de leurs parts de marché, de leurs spécialisations et de leurs positionnements stratégiques met en évidence un ensemble hétérogène : certains tirent profit de leur adossement bancaire, d’autres se distinguent par des niches ciblées, tandis que quelques-uns peinent à maintenir leur attractivité face aux leaders.
Une grille de cotation scientifique et argumentée
Pour établir ce classement, nous avons défini une grille multicritères notée sur 100 points, répartie ainsi :

Chaque intermédiaire a été noté selon ces critères, permettant de dégager un classement objectif.
Tableau des cotes attribuées

Analyse détaillée par intermédiaire

1 – MAC SA– Leader incontesté
Avec près de 20 % du marché et plus de 946 MDT de volumes traités, MAC SA confirme son statut de numéro un des intermédiaires en Bourse en Tunisie. Sa force repose sur une diversification équilibrée entre titres de capital (31,3 % du marché) et créances (18,7 %), une forte capacité d’animation aussi bien en cotation électronique qu’en hors cote, et la confiance d’investisseurs institutionnels et particuliers.
Avec 19,97 % de parts de marché et près de 946,5 MDT de volumes traités en 2024, MAC SA s’impose comme le numéro un incontesté du courtage boursier en Tunisie. Sa domination repose sur une forte présence sur les titres de capital (31,3 %) et les titres de créance (18,7 %), mais aussi sur sa capacité d’animation en cotation électronique et sur le hors-cote. Ce poids, allié à une régularité et à une confiance marquée des investisseurs institutionnels, confère à MAC une note exceptionnelle de 94/100, confirmant son rôle stratégique et incontournable dans le paysage financier.
Alliant puissance, stabilité et innovation, MAC s’affirme comme un acteur incontournable et stratégique du marché financier tunisien.

2 – Tunisie Valeurs – Un acteur polyvalent
Avec une part de marché de 18,04 %, Tunisie Valeurs se distingue par sa polyvalence et une forte diversification. Sa présence est équilibrée entre les titres de capital (22,4 %), les créances (19,6 %) et le hors-cote (13,8 %). Grâce à son expertise historique et à une capacité reconnue d’accompagnement des investisseurs et des entreprises, elle obtient une note de 90/100, ce qui en fait un acteur fiable et innovant, indispensable à la dynamique du marché tunisien.
Forte de son expérience historique et de sa capacité à accompagner aussi bien les investisseurs que les entreprises, elle se positionne comme un acteur fiable, innovant et global, au service de la liquidité et du développement du marché financier.

3 – UIB Finance – Spécialiste des enregistrements
UIB Finance tire sa force d’une domination écrasante sur les enregistrements : elle concentre 41,7 % de ce segment, soit près de 877,4 MDT, ce qui la propulse à 18,69 % de parts de marché globales. Bien que sa présence sur la cotation électronique soit limitée, sa spécialisation lui confère un rôle incontournable dans la sécurisation et la fluidité des transactions hors marché. Avec une note de 88/100, elle incarne un modèle d’expertise ciblée.

4 – AFC – Une valeur sûre
Avec 7,52 % de parts de marché et plus de 356 MDT de volumes traités, AFC se positionne comme une valeur sûre. Sa présence est solide sur les titres de capital (10,4 %) et équilibrée sur le hors-cote (4,4 %). Grâce à une note de 78/100, AFC confirme son rôle de stabilisateur, jouant un rôle de référence dans l’animation régulière et la crédibilisation du marché.

5 – Amen Invest – L’équilibre capital / créance
Avec 5,72 % de parts de marché, Amen Invest affiche une stratégie claire basée sur l’équilibre : une forte présence à la fois sur les titres de capital (5,5 %) et sur les créances (9,7 %). Ce positionnement lui permet d’attirer une clientèle diversifiée et de maintenir une note de 75/100, confirmant sa réputation d’intermédiaire solide et équilibré.

6 – Maxula Bourse – Une croissance continue
Avec 5,43 % de parts de marché et 257 MDT traités, Maxula Bourse se distingue par sa croissance régulière. Sa présence croissante sur les titres de capital et sa capacité à maintenir une performance stable lui valent une note de 73/100, la positionnant comme un challenger crédible dans le top 5.

7 – SBT – La force des titres de créance
SBT se démarque par une spécialisation marquée dans les créances, où elle détient 36,6 % du marché, un record sectoriel. Avec une part globale de 5,28 % et une note de 72/100, elle s’impose comme un acteur incontournable dans ce segment, même si sa diversification reste limitée.

8 – BNA Capitaux – Une percée solide
Avec 3,95 % de parts de marché, BNAC fait une percée remarquée grâce à une activité forte sur le hors-cote (29 % du segment). Ce positionnement de niche lui confère une note de 68/100 et un potentiel de croissance significatif dans les prochaines années.

9 – Attijari Intermédiation – Diversification maîtrisée
Avec 3,98 % de parts de marché, Attijari Intermédiation maintient une position équilibrée, présente sur les titres de capital comme sur les enregistrements. Notée 67/100, elle dispose encore de marges de progression, notamment sur les créances, pour consolider sa place dans le classement.

10 – Union Capital – Spécialiste des enchères et enregistrements
Avec 3,77 % de parts de marché, Union Capital se distingue par sa spécialisation sur les opérations hors marché, concentrant 67,4 % des enregistrements et enchères. Cette spécificité lui confère un rôle stratégique, avec une note de 65/100.

11 – BMCE Capital – Un acteur de niche
Avec 2,03 % de parts de marché (96,1 MDT), BMCE Capital conserve une place honorable dans le classement. Adossée à un groupe bancaire international, elle développe une présence ciblée sur les titres de capital (2,29 %) et les titres de créance (0,36 %). Sa diversification reste limitée mais son ancrage régional lui confère une crédibilité renforcée. Note : 62/100.

12 – STB Finance – Présence au niveau des Enregistrements
STB Finance enregistre 0,91 % de parts de marché (42,9 MDT). Sa force réside dans sa contribution aux enregistrements (19,16 %), ce qui lui permet de rester visible malgré une part faible sur la cote. Sa stratégie s’appuie sur l’adossement à la STB, grande banque publique. Note : 55/100.

13 – BH Invest – Recul sensible
Avec seulement 0,46 % de parts de marché (21,7 MDT), BH Invest accuse un repli marqué par rapport aux années précédentes. Sa présence sur les titres de capital reste limitée (0,92 %) et sa contribution aux autres segments marginale. Malgré l’appui de la BH Bank, la filiale n’a pas encore trouvé un véritable relais de croissance. Note : 53/100.

14 – CGI – Taille réduite
CGI représente 0,75 % du marché (35,5 MDT). Avec une présence modeste sur les titres de capital (0,56 %) et un apport ponctuel dans les enregistrements, l’acteur reste discret mais conserve une activité régulière. Son rôle est davantage celui d’un acteur complémentaire. Note : 52/100.

15 – MCP – Discret mais constant
Avec 0,39 % de parts de marché (18,5 MDT), MCP maintient une activité modeste mais régulière. Sa part en titres de capital (0,63 %) et en créances (0,82 %) témoigne d’une présence stable mais sans percée significative. Note : 51/100.

16 – UFI – Présence limitée
UFI détient 1,23 % de parts de marché (58,3 MDT). Sa présence est concentrée sur les titres de capital (1,39 %), avec un apport marginal sur le hors-cote. Bien que limitée, sa contribution au marché reste perceptible. Note : 50/100.

17 – Finacorp – Faible part de marché
Avec seulement 0,28 % de parts de marché (13,1 MDT), Finacorp occupe une position très modeste. Elle affiche une petite présence sur les titres de capital (0,26 %) et les créances (0,18 %). Son rôle est marginal, mais elle conserve un positionnement de niche. Note : 48/100.

18 – BTK C – Une activité réduite
BTKC se contente de 0,20 % de parts de marché (9,5 MDT), avec une contribution quasi exclusive en titres de capital (0,45 %). Sa visibilité sur les autres segments est nulle, ce qui traduit une activité réduite. Note : 47/100.

19 – TSI – intermédiaire sous surveillance
Bien qu’elle ne pèse que 1,42 % du marché, TSI concentre aujourd’hui une part disproportionnée de la défiance qui frappe le secteur. La chute brutale de sa note, consécutive aux sanctions prononcées par le Conseil du Marché Financier (CMF), illustre l’ampleur des pratiques frauduleuses et des défaillances structurelles en matière de conformité et de gouvernance.
Ces dérives ne relèvent pas d’erreurs isolées, mais traduisent un dysfonctionnement systémique qui a profondément entaché la réputation du métier d’intermédiaire en valeurs mobilières.
Résultat : TSI se retrouve désormais sous étroite surveillance, son image gravement dégradée et sa crédibilité compromise, y compris auprès de partenaires et investisseurs.
- Conclusion: Vers une consolidation nécessaire du marché des intermédiaires en Bourse
L’analyse issue de la grille de cotation met en lumière une forte concentration du marché des intermédiaires en Bourse autour de quelques acteurs dominants, tandis qu’une frange significative d’opérateurs se caractérise par une présence limitée, voire marginale. Les intermédiaires tels que BH Invest (0,46 %), MCP (0,39 %), Finacorp (0,28 %), BTKC (0,20 %) ou encore TSI (1,42 % mais sous surveillance du CMF) illustrent cette fragilité structurelle. Leur poids réduit, leur faible diversification d’activité et, parfois, leur exposition à des contraintes réglementaires soulignent une vulnérabilité qui limite leur capacité à rivaliser avec les leaders du secteur.
Dès lors, la nécessité d’une restructuration et d’une consolidation du marché apparaît évidente. Celle-ci pourrait prendre la forme d’alliances stratégiques, de regroupements ou d’intégrations, permettant de renforcer la solidité financière et la crédibilité de ces acteurs. Un marché plus concentré, animé par des intermédiaires mieux capitalisés, innovants et compétitifs, offrirait une meilleure profondeur, une liquidité accrue et une plus grande confiance des investisseurs.
Ainsi, la consolidation ne constitue pas seulement une option, mais une condition indispensable pour l’équilibre et la pérennité du marché boursier tunisien.



