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Haoues appelle à la révision de la loi de la Banque Centrale et son indépendance

La question du financement des Petites et Moyennes entreprises est récurrente partout dans le monde. Elle est encore plus préoccupante en Tunisie, alors même que les PME apparaissent comme des acteurs clés pour booster l’économie.  Les pouvoirs publics cherchent depuis plusieurs années des solutions pour améliorer l’accès des PME au financement bancaire. Cependant, le problème de financement bancaire demeure le principal obstacle au développement des PME.Seules 43,75% des PME bénéficient actuellement de prêts bancaires, tandis que près de 50% des entreprises déclarent souffrir d’un déficit d’accès au financement.

 La remontée des taux et l’inflation pèse déjà sur les financements des entreprises. Les trésoriers anticipent une hausse des coûts.C’est pourquoi le porte-parole de l’Association tunisienne des petites et moyennes entreprises (PME), Abderrazak Haoues, a appelé l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) à réexaminer la loi relative à la Banque centrale ainsi que son indépendance.Il a estimé que la politique monétaire actuelle nécessite une révision afin de s’adapter à la conjoncture économique et aux besoins des entreprises.

Le porte parole de l’Association a souligné la nécessité de revoir les taux d’intérêt bancaires et de les moduler en fonction de la nature des secteurs économiques, afin d’aider les PME à accéder au financement et à développer leurs activités, affirmant que la décision de la Banque centrale de Tunisie de maintenir le taux directeur à 7 %, est lié aux craintes d’inflation et à la hausse des coûts de transport à l’échelle mondiale, ainsi qu’aux répercussions potentielles sur les prix de vente sur le marché local.Toutefois, il a remis en question le maintien de l’application de la règle de Taylor, estimant qu’elle n’est plus adaptée aux mutations économiques actuelles, appellant à l’adoption de nouvelles approches en matière de politique monétaire et de financement, notamment un e baisse du taux directeur.

Concernant le coût du financement, Haoues a estimé que les taux d’intérêt appliqués aux découverts bancaires  s’élevant à 12,29 % et pouvant atteindre 14,74 % représentent une lourde charge pour les petites et moyennes entreprises (PME), d’autant plus que la marge bénéficiaire dans certaines activités ne dépasse pas 8 %, selon ses estimations, précisant .

que cette situation réduit le chef d’entreprise à une sorte de « salarié de la banque » : une grande partie de ses revenus est consacrée au remboursement des dettes bancaires plutôt qu’à l’investissement dans le développement de son activité ou l’expansion de son entreprise, ce qui limite ses capacités de croissance et d’investissement.

Le  président de l’Association tunisienne des petites et moyennes entreprises a insisté sur la nécessité de revoir le système de financement bancaire et d’offrir des conditions de financement plus adaptées aux PME, afin de garantir une meilleure répartition des liquidités et d’aider ces entreprises à surmonter leurs difficultés de financement, tout en renforçant leur capacité à investir et à poursuivre leurs activités.

                                                                                          Mohamed Sélim

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