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La soprano Lilia Ben Chikha: «L’opéra… c’est ma passion!!!»

Tunis, UniversNews (CULT) – Connue pour être la voix la plus polyvalente de sa génération, Lilia Ben Chikha est une chanteuse tunisienne à la voix exceptionnelle, alliant avec virtuosité l’Opéra, le Jazz/Pop et la musique Arabe. Diplômée de l’Institut Supérieur de Musique de Tunis et de l’Académie de Musique de Ruse (Bulgarie), elle s’impose comme une soprano colorature d’une grande sensibilité et d’une maîtrise technique remarquable. Son rôle signature, Violetta dans La Traviata de Verdi, révèle toute l’étendue de son talent, de sa puissance dramatique et de son intensité émotionnelle. Sa voix fait d’elle un véritable prodige musical.  A l’image de Maria Callas, cette soprano éblouit par ses capacités vocales à chaque concert. Elle a ouvert le bal à l’occasion de « Dar Sebastian fait son opéra » au centre culturel international d’Hammamet avec son projet odyssée

  • UniversNews : Comment avez-vous rencontré l’art lyrique ?

Lilia Ben Chikha : J’avais vraiment envie d’aller sur scène, d’interpréter, de raconter une histoire et de chanter en même temps. Au début j’ai chanté en arabe et parfois en français, en anglais. Mais ça fait 13 ans que j’ai opté pour la musique lyrique. C’est ce qui m’a donné envie de prendre des cours de chant à l’Institut supérieure de la musique de Tunis pour imposer ma voix. Mon parcours s’est dessiné au fur et à mesure que j’avançais.

  • Votre voix captive l’auditeur. Avec une maîtrise technique remarquable, tu parviens à créer une connexion émotionnelle profonde. Tu as une capacité à moduler ton timbre, à jouer avec les nuances et à exprimer une gamme étendue d’émotions. Pourquoi votre voix est-elle si exceptionnelle ?

La voix est à l’intérieur de soi, c’est notre intimité profonde et en même temps, le reflet de notre vie. Lorsque tu chantes, tu as vraiment ces dimensions émotionnelle, corporelle et intellectuelle qui ressortent dans ce son articulé, dans cette vibration. Toute voix porte énormément de choses en elle si on l’a travaillé bien. 

  • Comment vous sentez-vous alors lorsque vous êtes seule face au public ?

C’est un sentiment qui est assez exaltant parce que l’on est devant un public qui nous écoute, et dont on a l’entière attention. C’est très agréable parce que l’on a l’impression que l’on peut donner tout ce que l’on a à donner. La plupart du temps, l’on sent que le public est fort réceptif. C’est agréable d’être soliste.  Ça fait du bien, ça fait peur parfois. Surtout devant un public que l’on ne connaît pas. C’est vrai qu’en multipliant les concerts, je commence à avoir l’habitude du public.  Il y a une communication et une relation qui se font avec le public

  • Vous avez interprété le rôle de Violetta dans l’opéra de Traviata. Est-ce un rôle difficile?

C’est un rôle  assez complexe, car il demande beaucoup de travail . Lorsque j’ai finalement chanté Violetta pour la première fois, j’ai eu l’impression de la connaître déjà. J’ai pu l’incarner d’une manière très naturelle et chanter tous ses passages difficiles avec un grand sentiment de sécurité et, si j’ose dire, de facilité.

  • Avez-vous l’impression que ce rôle est une transition à travers votre carrière ?

Peut-être … En tous cas, il s’agit d’une grande étape dans ma carrière j’ai vraiment la chance que l’on m’ait proposé ce rôle. C’est vraiment très intéressant pour moi de pouvoir tester mes capacités à affronter un rôle qui est beaucoup plus conséquent et à voir comment je m’en sors aussi sur la Scène. Ça se passe bien. Je suis super content.

  • Avez- vous une passion particulière pour un autre style de musique que classique ou opéra ?

J’aime la musique quelle que soit son origine. Pourvu qu’elle soit bonne ! J’aime le jazz, l’oriental notamment Abdelwaheb, Férid, Ismahane. Je peux aimer aussi la pop, le jazz, le rai…

  • Le public vous attend le 16 novembre au théâtre municipal de Tunis

Après un hommage à Charles Aznavour, je suis ravie d’annoncer une nouvelle collaboration avec Rafik Gharbi en tant que réalisatrice de notre tout nouveau spectacle “Gigi et La Môme”, un hommage vibrant à Édith Piaf et Dalida. Je partagerai aussi  la scène avec la talentueuse Mayssoun Fatnassi, mon invitée.

Mohamed Selim

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