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Tensions à l’ARP et… des députés qui «se rebiffent»!!!

Tunis, UniversNews (Politique) – L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) est en ébullition et le mécontentement bat son plein auprès de nombreux députés qui exploitent à bon escient l’occasion des débats budgétaires pour faire part de leur évaluation actuelle, dans le pays. Ils ont exprimé leur désaccord, surtout, en ce qui concerne la gestion de cette prestigieuse institution parlementaire ballottée à tous vents.

Les interventions de certains députés en disent long sur la grogne des élus du peuple qui ont accusé, surtout, le président de l’Assemblée de tous les maux, en particulier sa partialité et son allégeance au pouvoir exécutif. Les interventions de deux députés, surtout, donne l’impression que c’est une véritable dissidence qui s’installe. C’est le cas avec, la députée de Menzel Bourguiba et Tinja, Majda Ouerghi, qui n’est pas allée de mainmorte pour critiquer certaines manières d’agir du pouvoir, entre autres… et les exemples ont été nombreux !!!

Le député Ahmed Saïdani a fait un réquisitoire contre la conduite du pouvoir exécutif, en multipliant les attaques directes et les appels à la responsabilité, dénonçant des nominations qu’il qualifie de «véritable complot» contre l’intérêt national. Il a critiqué avec véhémence la «déconnexion» du chef de l’État : «Tous les indicateurs montrent que le président de la République est déconnecté politiquement, socialement, historiquement et géographiquement. Il vit sur une autre planète, comme il l’a dit lui-même ».

Il a, en outre, évoqué la « paranoïa du complot », selon laquelle le chef de l’Etat « accuse des fantômes de comploter contre lui».

Sur le plan économique, le député a dénoncé l’écart entre la communication officielle et les chiffres, ironisant sur le fait que la cheffe du gouvernement ait dit que « le dinar est la monnaie la plus forte d’Afrique, alors que le dinar a perdu 45 % de sa valeur face à l’or en un an ». Il a mis en cause la responsabilité de la Banque centrale et celle de l’Institut national de la statistique : « Nous tenons pour responsables le gouverneur de la Banque centrale et l’Institut national de la statistique dont la page a été retirée d’Internet ».

Pour le député, « le président doit choisir, soit de descendre sur le terrain, de dire la vérité aux Tunisiens et dévoiler certains chiffres, soit en choisissant la voie des ‘‘nouveaux Trabelsi’’ (faisant allusion à la famille de Leïla Trabelsi, veuve du défunt président Zine El Abidine Ben Ali) dont on commence à entendre parler».

La députée Majda Ouerghi a dénoncé l’absence de la cheffe du gouvernement au débat actuel, ce qui représente, pour elle, un signe d’incapacité et d’impossibilité de répondre aux questions des députés… parce que « la moitié des Tunisiens n’a pas compris » le discours qu’elle avait prononcé, la journée précédente.

La députée a, dans ce sens, fustigé l’absence de communication et d’information, avec les médias ce qui n’est pas de nature à faciliter l’obtention d’une information juste et crédible. Elle a évoqué « le nombre de fois ou la question de la corruption a été évoquée par le président Saïed, lors de ses rencontres avec les ministres, toutefois, rien n’a été fait », tirant de son siège tout un porte-documents plein à craquer de dossiers qui lui étaient parvenus à propos des méfaits des corrompus… mais, pour elle, la conséquence en est que « les corrompus courent toujours… alors que les dénonciateurs de leurs méfaits sont persécutés et harcelés »

Le député Thabet El Abed a dénoncé le triptyque du pouvoir en Tunisie, surtout avec « un parlement qui critique et qui ne peut pas agir… un gouvernement qui est critiqué, mais qui est épargné dans la reddition des comptes… et un président qui épargné par la critique, en raison de sa position à la tête du pouvoir, ce qui le met au-dessus du questionnement politique ». Il s’est demandé si « l’essor économique est possible dans un environnement où on exerce la tyrannie contre les avis différents, sachant qu’on ne peut pas attirer l’investissement grâce aux discours et aux amnisties fiscales, mais par un climat de liberté, de primauté de la loi et de confiance ».

Jibril Ouled Ahmed a, de son côté, dénoncé « l’absence d’action concrète, alors que les idées et les plans existent et que, pourtant, le peuple veut de véritables réalisations dont, malheureusement, il ne voit rien ».

Massaoud Grira a, entre autres, fustigé l’absence de la cheffe du gouvernement au débat qui, selon lui, « se répète pour la troisième fois, ce qui n’est pas bon, protocolairement ». Il a considéré que cet agissement est «en infraction à la constitution du pays qui insiste sur le droit des députés de l’ARP et du Conseil des districts et des régions à appeler le chef du gouvernement pour un débat».

Hosni Houssam Mzali a jugé que « le changement attendu, depuis le 25 juillet, n’a pas encore eu lieu et beaucoup de décisions n’existent que sur le papier. La Tunisie n’a pas besoin d’un gouvernement de gestion, mais qui agit, sans chercher à critiquer le passé, et pays a besoin, surtout, d’un gouvernement qui rétablit la confiance du peuple, ce qui n’est pas le cas, aujourd’hui, surtout qu’on ne voit que des slogans creux pour des réalisations qui n’existent toujours pas ». Il a, en outre, expliqué qu’on « peut agir, aujourd’hui, dans des domaines qui n’exigent pas de l’argent, notamment grâce à la promulgation du Code des investissement, le Code des changes, le Conseil supérieur de l’éducation ».

Ces avis ne sont qu’un échantillon de ce que ruminent beaucoup d’autres députés excédé par l’indifférence du pouvoir, face à leurs propositions et à leur idées, alors que, quoi qu’on puisse dire, chacun serait heureux d’apporter sa pierre pour l’édifice de la reconstruction, de l’essor et de la prospérité, avec tous les sacrifices qu’ils doivent faire, pour bannir la corruption, surtout, qui sévit encore dans le pays/

Pourtant, au lieu de chercher l’origine des maux de la Tunisie, les critiques acerbes du gouvernement et du président ont suscité les réactions habituelles des pages des médias sociaux défendant le « processus engagé depuis le 25 juillet », qui n’ont pas manqué l’occasion de répondre violemment aux députés contestataires… Pourtant, tout le monde a compris que ces pages malveillantes ne servent d’aucune manière le président et le pays… mais ne font qu’attiser la haine et la discorde dans le peuple tunisien qui a besoin d’union, de concorde et coexistence pacifique, pour pouvoir, enfin décoller… dans le respect de l’avis des « autres » qui ne cherchent que l’essor de la Tunisie

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