
Tunis, UniversNews (NAT) – Plusieurs députés ont soulevé, samedi, en plénière, de nombreux points relatifs à la situation des prisons tunisiennes et aux réformes nécessaires pour le service judiciaire, soulignant l’importance de mettre en œuvre les peines alternatives, notamment pour les primo-délinquants.
Lors de la séance plénière conjointe entre l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) et le Conseil national des régions et des districts, consacrée à l’examen du budget du ministère de la Justice pour 2026, les élus ont expliqué que le recours aux peines alternatives permettrait d’abandonner les peines d’emprisonnement qui se sont révélées inefficaces et limitées en matière de réinsertion et de correction, en plus des économies qui pourraient être faites en matière d’entretien et d’extension des prisons.
Les députés ont également souligné l’importance des réformes et de la digitalisation du secteur pénitentiaire afin de garantir au détenu son droit à la réhabilitation, tout en précisant que réformer le système pénitentiaire ne signifie pas faire preuve de laxisme envers les criminels.
Le député Bilal Saïdi a estimé que « les prisons en Tunisie sont devenues dures en raison de la surpopulation carcérale, au manque des services de soins et aux témoignages récurrents signalant de mauvais traitements ».
Saïdi a également souligné que la réforme du système pénitentiaire ne signifie pas l’indulgence envers les criminels, mais plutôt le respect de la dignité humaine et la possibilité de donner au détenu une chance de redevenir un citoyen utile.
Il a, dans ce sens, appelé à l’adoption d’une nouvelle approche de la réinsertion, permettant d’éviter aux jeunes une première incarcération, notamment grâce aux peines alternatives.
De son côté, le député Nouri Jeridi a évoqué plusieurs questions liées au système judiciaire, telles que l’absence de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature, ainsi que la lenteur des procédures judiciaires et le nombre important d’affaires en instance dans les tribunaux.
Il a également abordé le décret-loi 54, qu’il a qualifié d’entrave à la liberté d’expression.
Les députés ont par ailleurs, insisté sur la nécessité de protéger les lanceurs d’alerte qui, selon eux, sont exposés à des représailles et toutes les formes de harcèlement.



