
UniversNews (SEF) – La Tunisie a pris un retard considérable dans l’adoption des voitures électriques, par rapport à plusieurs pays du monde. Le Tunisien n’est pas enthousiaste à l’idée d’acquérir une voiture électrique, vu l’absence de motivations, d’infrastructures et de main d’œuvre qualifiée pour en cette nouvelle technologie. Seuls neuf concessionnaires proposent des véhicules électriques sur un total de 48 agréés en Tunisie. Les obstacles évoqués par certains automobilistes sont nombreux. Il s’agit notamment d l’absence d’expérience dans l’entretien et la réparation de ce type de véhicules, suivie par l’absence les bornes de rechargement rapide, le prix des véhicules électriques comparé aux véhicules thermiques et enfin la crainte d’absence de pièces de rechange.
Le paysage automobile électrique ne cesse de s’étoffer, avec des références qui s’alignent de plus en plus sur les attentes des conducteurs, tant en matière de prix que de prestations. Gabarit, autonomie, capacité de batterie, usage urbain ou polyvalent. Mais les voitures électriques restent plus chères que les modèles thermiques. La voiture électrique peine encore à s’imposer. Seuls 800 véhicules ont été immatriculés en 2025, bien loin des 5.000 initialement prévus. Cette réticence s’explique principalement par le prix, encore trop élevé pour le consommateur tunisien. Cela constitue un frein majeur pour de nombreux consommateurs qui estiment que le prix de la voiture est plus que jamais le facteur déterminant lors de l’achat d’une voiture. En revanche, les prix des voitures électriques sont plus élevés, par rapport aux voitures thermiques. et ne sont pas à la portée de tous. Les voitures électriques coûtent plus de 100 mille dinars, malgré la baisse des prix des voitures électriques en 2025 avec la concurrence qui s’accroît avec l’arrivée de nombreux nouveaux modèles asiatiques, poussant les constructeurs à revoir leurs prix.
En parallèle, la baisse du coût des matières premières réduit les coûts de production, un avantage répercuté sur les consommateurs. Mais c’est surtout la réglementation environnementale qui pousse les marques à accélérer la transition vers l’électrique. Toutefois, l’entrée sur le marché, en 2025, de voitures électriques chinoises à coût compétitif, aux alentours de 50.000 dinars, pourrait dynamiser la demande. Face à cette situation, les professionnels envisagent plusieurs alternatives. La première consiste à réduire leurs prix catalogue et à afficher des remises plus généreuses pour convaincre leurs futurs clients, quitte à diminuer leurs marges.
Des freins structurels !
La batterie électrique est le composant le plus cher dans une voiture électrique. La production de cet équipement pose de grands problèmes environnementaux et sociaux. Les constructeurs utilisent de plus en plus de batteries au lithium pour les véhicules. Selon les spécialistes du segment électrique, ces préoccupations restent d’actualité, même si l’efficacité des batteries évolue rapidement. L’autonomie de la batterie pose problème. Considérée comme un facteur limitant, force est de constater que l’autonomie des voitures électriques évolue.
De plus en plus de modèles proposent 300 km, voire 600 km avec une seule charge. Mais ce paramètre demeure un inconvénient de taille pour l’automobiliste tunisien, qui est plus ou moins habitué à enchaîner les kilomètres sans trop se soucier de l’autonomie de son véhicule. D’autant plus qu’une conduite agressive ou une utilisation accrue de la climatisation, accélère la consommation de l’énergie générée par la batterie. Même si l’on peut recharger sa voiture chez soi, via une prise normale, l’installation de bornes de recharge est indispensable pour introduire la voiture électrique en Tunisie qui devra créer un réseau étoffé de bornes, à travers tout le territoire national.
D’ailleurs plusieurs personnes interrogées considèrent l’insuffisance des bornes de recharge comme le principal obstacle à l’adoption de ces voitures. Le développement des véhicules électriques a été plus rapide que celui des infrastructures, une situation qui limite fortement l’essor du marché. Dans ce contexte, les motorisations hybrides connaissent une adoption plus rapide que les modèles 100% électriques. Le marché de l’hybride progresse de manière significative, contrairement à l’électrique qui peine à s’imposer,
Un autre problème c’est la réparation des véhicules électriques et hybrides qui coûtent bien plus cher à réparer que les thermiques. Pièces détachées onéreuses, composants endommagés qu’il faut généralement remplacer entièrement ou encore le prix de la main-d’œuvre en forte hausse…Ceci dit malgré ces problèmes, 31% des Tunisiens sont prêts à acquérir un véhicule électrique ou Hybride à court terme, selon un sondage d’opinion intitulé «Observatoire de l’automobile ». Offrant une conduite silencieuse, des économies d’essence et des avantages fiscaux, les voitures électriques commencent à gagner en popularité en Tunisie. La Tunisie affiche des ambitions claires en matière de mobilité propre. Plusieurs marques, y compris Tesla, se positionnent d’ores et déjà sur ce marché en devenir. Cependant, pour que cette ambition se concrétise, des mesures incitatives doivent être mises en place pour booster l’achat de ces voitures électriques. (M.S)



