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UTICA : Trop peu… trop tard??!!!

UniversNews (SEF) – Longtemps silencieuse un peu trop longtemps, presque effacée du paysage médiatique, économique et politique -si l’on peut dire-, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) a passé ces derniers mois dans une léthargie troublante. Une absence si marquée qu’elle a nourri des interrogations relatives à son existence et à son rôle qu’elle a oublié, au moment où le pays a besoin de toutes ses forces vives pour redécoller.


Certes, tout le monde sait que la direction actuelle de la centrale patronale n’est plus légitime depuis belle lurette, étant donné que son mandat a expiré depuis longtemps, alors qu’aucun signe ne permet de dire qu’il va y avoir des changements… au cours de la prochaine période !!!


Sous la houlette de son président, Samir Majoul, qui est, toujours, à la barre, l’organisation patronale semble avoir opté pour le ‘‘service minimum”. Non seulement face aux grandes mutations économiques, mais aussi dans son propre fonctionnement interne. Les structures intermédiaires ne se réunissent plus, le dialogue avec les fédérations sectorielles, régionales et locales s’est étiolé, et même le bureau exécutif donne l’impression d’être en « hibernation ».


Ce long sommeil –qui aura duré des mois, sinon des saisons– a pourtant été brusquement interrompu. Réapparition publique, discours étoffé, plaidoyer en faveur d’un vaste chantier législatif : relance de l’investissement, réforme du code des changes, amélioration de la compétitivité, mise à jour des études sectorielles, modernisation des infrastructures, soutien à l’innovation, sécurité alimentaire, lutte contre la contrebande et le dumping… La liste, présentée devant l’Assemblée, était dense, presque exhaustive.


Mais cette soudaine effervescence donne matière à réflexion. S’agit-il d’un sursaut tardif ? D’un rattrapage après des mois de silence volontaire ? Ou d’une tentative pour faire oublier une absence qui a coûté cher à l’organisation qui avait fait partie de la triplette du prix Nobel ?


Car pendant que l’UTICA sommeillait, le climat des affaires, lui, ne cessait de se tendre et de se dégrader. Procès visant des hommes d’affaires, dossiers de “réconciliation pénale”, réforme concernant les chèques bancaires… Autant de dossiers sensibles qui ont alimenté le sentiment, chez une partie du patronat, d’un ciblage systématique.


Dans ce contexte, la discrétion de l’organisation patronale a été perçue par certains comme une prudence calculée, par d’autres comme un abandon. Dès lors, le réveil, aussi sonore soit-il, peine à convaincre. Il ressemble moins à un retour stratégique qu’à une prise de conscience tardive.
Et surtout, il laisse une question en suspens : peut-on défendre efficacement le secteur privé après avoir choisi, au moment le plus critique, de s’effacer ??!!!

Universnews

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