
UniversNews (NAT) – L’Aïd Al Fitr a toujours été une fête très attendue par les grands et les petits. Une ambiance qui se partageait avec les cousins, les oncles et les tantes et bien évidemment les grands parents qui insistaient pour transmettre les traditions et les valeurs à leurs descendants. Cette fête connaît et continue d’exister… le temps des traditionnels échanges familiaux.
Le jour de l’Aïd se passait dans une ambiance familiale marquée par le partage, l’entraide et la bonne humeur. Beaucoup de Tunisiens, après la prière de l’Aïd, se rendent au cimetière pour se recueillir sur les tombes des personnes aimées et toujours présentes dans leur cœur. Ensuite, ils rendent visite aux proches, leur souhaitant «Aïd Moubarak». C’est le cas de Taoufik, un quadragénaire, qui raconte n’avoir jamais manqué à ce rituel. « Juste après la prière de l’Aïd, je rends visite à toutes mes tantes très âgées qui ne peuvent pas se déplacer », a-t-il indiqué, signalant que « les visites sont très attendues et apportent beaucoup de bonheur ».
En effet, les retrouvailles vont s’étaler sur les deux journées de l’Aïd. Elles seront caractérisées par des échanges de gâteaux. Mais ces visites disparaissent petit-à-petit comme témoigne Lilia : « Je me souviens des Aid El Fitr de mon enfance, on se réunissait chez les grands parents et chacun de nous ramenait ses gâteaux. Tout cela se passait dans la joie et la bonne humeur portée par les voix des femmes qui chantaient en cuisine. Aujourd’hui, les familles qui célèbrent toujours l’Aïd, le passent seules à la maison loin de la famille et du regard des autres »
Comme à chaque Aïd, les quartiers dégagent une atmosphère de joie et de gaieté, surtout chez les enfants, garçons et filles, très bien habillés. Ces derniers diffusent leur allégresse avec des jouets divers, comme les ballons multicolores, créant ainsi un décor spécial Aïd. Mais, vu la cherté de la vie, on voit de moins en moins des enfants avec leurs jouets, devenus inaccessibles pour les petites bourses. Ce qui rend l’Aïd-El-Fitr encore plus spécial, c’est la Mahba, cette somme d’argent que les enfants reçoivent de la part de leurs proches durant cette journée, leur permettant de collecter leur propre argent de poche et de se sentir adulte. Les règles de la Mahba imposent aux enfants de dire «Aïdek Mabrouk» aux membres de leurs familles pour recevoir en retour des billets et pièces de monnaies. Cette coutume se fait de plus en plus rare vu la baisse du pouvoir d’achat des Tunisiens.
Dans certaines régions de Tunisie, et après un mois de jeûne, fatigue entre travail, enfants et cuisine, la femme se récompense par un cadeau appelé « le goût du sel ». Il s’agit de l’argent ou d’un bijou en or. Mais qui peut offrir ce collier à sa femme lorsque le gramme d’or dépasse les 500 dinars !
Chaque rite de l’Aïd raconte une manière de célébrer, de relier les générations, de ne rien gaspiller, de fêter dans la simplicité mais avec une grande charge symbolique. Ces traditions qui se perdent petit-à-petit ne sont peut-être plus aussi visibles qu’avant, mais elles restent vivantes dans les mémoires. Les raviver, même par la parole ou le souvenir, est déjà un acte de transmission. (M.S)



