
Universnews – « Sayyada ! » chantait Ahmed Hamza, et c’est bien cet air de victoire et de fierté qui résonne aujourd’hui d’Orly jusqu’aux côtes tunisiennes. Dans un contexte électoral souvent marqué par la division, Imène Souid-Ben Cheikh vient de signer un exploit retentissant lors des municipales de 2026.
Réélue maire de la ville avec un score impressionnant de 52,94 %, elle a balayé une quadrangulaire pourtant complexe au second tour. Là où la présence de quatre candidats rend mathématiquement difficile l’obtention d’une majorité absolue, Imène Souid a su convaincre et rassembler, prouvant que son ancrage local et sa vision transcendent les calculs politiques traditionnels.
Cette victoire est d’autant plus symbolique qu’elle s’est construite sur un socle de valeurs inébranlables. Malgré une campagne jalonnée d’attaques virulentes, de diffamations et de tentatives de déstabilisation de la part de ses adversaires, la maire sortante a choisi la hauteur et le silence face à l’agressivité.
Comme le souligne le témoignage émouvant de sa sœur, Imène Souid a préféré s’en remettre au seul jugement des Orlysiens et des Orlysiennes plutôt que de se rabaisser au niveau des polémiques. Ce pari de l’authenticité et de la droiture a payé, transformant son parcours en un exemple de résilience pour toute une génération : la preuve vivante que l’on peut réussir en politique sans jamais trahir ses principes ni son identité.
Au-delà du cas d’Orly, ce scrutin marque une étape historique pour la diaspora tunisienne en France. Imène Souid incarne la figure de proue d’une véritable percée des profils franco-tunisiens au sein des élites locales. Avec près de 25 élus à des postes clés — dont huit mairies et dix-sept postes d’adjoints à travers l’Hexagone, de Marseille à Aubervilliers — cette vague de renouvellement témoigne d’une intégration réussie et d’une maîtrise parfaite des enjeux de terrain. Ces nouveaux visages de la politique française, pétris de double culture, s’imposent désormais comme des interlocuteurs incontournables face aux défis sociaux et économiques des banlieues populaires.
En conservant son écharpe de maire avec une telle avance (face aux 23,76 % de son principal poursuivant, Brahim Messaci), Imène Souid-Ben Cheikh ne fait pas que gérer une municipalité ; elle porte haut les couleurs de ses origines et de son genre dans l’arène politique. Sa réélection est le fruit d’un travail acharné et d’une proximité sincère avec ses administrés qui ont plébiscité la stabilité et l’honnêteté. Pour Orly, c’est la promesse d’une continuité sous le signe de l’ambition ; pour la communauté tunisienne, c’est une immense source d’inspiration qui confirme que la compétence et la fidélité à soi-même restent les meilleures armes électorales. (K.S.)



