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Ballet diplomatique franco-marocain,Tebboune en Allemagne : ça bouge au Maghreb !

Le Maghreb connaît une séquence diplomatique particulièrement dense. Alors que les responsables français multiplient les contacts à Rabat afin de consolider le rapprochement engagé ces derniers mois avec le Royaume, le président algérien Abdelmadjid Tebboune effectue, au même moment, une visite officielle en Allemagne. Cette concomitance illustre le regain d’intérêt des grandes puissances européennes pour une région dont le poids géopolitique ne cesse de croître.

À Rabat, les discussions entre les responsables marocains et français ont porté sur plusieurs dossiers stratégiques, notamment la coopération économique, les investissements, la sécurité, la défense ainsi que la gestion des flux migratoires.

Cette visite s’inscrit dans le cadre de la 15ᵉ Réunion de haut niveau franco-marocaine, la première depuis 2019. D’ailleurs, ce rapprochement entre Paris et Rabat s’inscrit dans la continuité de la visite d’État effectuée par le président français Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024, un déplacement considéré comme un tournant dans les relations bilatérales.

 À cette occasion, le chef de l’État français avait officiellement réaffirmé le soutien de la France à la souveraineté du Royaume sur le Sahara occidental, en appuyant le plan marocain d’autonomie comme cadre de règlement du différend.

Simultanément, le président algérien Abdelmadjid Tebboune poursuit à Berlin une offensive diplomatique destinée à renforcer les liens entre l’Algérie et l’Allemagne.

Les échanges ont été largement consacrés aux questions énergétiques, industrielles et technologiques, mais également aux perspectives d’investissements allemands. Jeudi, Tebboune a été reçu par le président allemand Frank-Walter Steinmeier, avant de s’entretenir avec le chancelier Friedrich Merz.

Cette offensive diplomatique ne s’arrête pas à Berlin. Alger poursuivra cette dynamique avec la visite attendue, le 20 juillet, du président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez. Ce rendez-vous devrait confirmer le rétablissement progressif des relations algéro-espagnoles, longtemps affectées par le changement de position de Madrid sur le Sahara occidental, et ouvrir une nouvelle étape dans le développement des partenariats économiques et énergétiques entre les deux pays.

Dans cette recomposition diplomatique régionale, la Tunisie occupe également une place particulière. Traditionnellement attachée au principe de non-ingérence et à une position de neutralité sur les différends régionaux, Tunis a toutefois affiché ces dernières années une proximité accrue avec Alger sur plusieurs dossiers, notamment concernant la question du Sahara occidental. Les relations tuniso-algériennes, marquées par une coopération étroite dans les domaines économique, sécuritaire et énergétique, se sont renforcées depuis 2021, contribuant à un rapprochement politique entre les deux capitales.

Cette évolution a été particulièrement observée après l’accueil par Tunis du chef du Front Polisario, Brahim Ghali, en 2022 à l’occasion de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), un épisode qui avait provoqué une vive réaction de Rabat et une crise diplomatique avec le Maroc.

Entre rapprochement franco-marocain, ouverture algérienne vers Berlin et Madrid, et positionnement délicat de Tunis, le Maghreb apparaît aujourd’hui comme un espace où se croisent intérêts européens, rivalités régionales et nouvelles alliances diplomatiques. Une dynamique qui confirme que la question maghrébine demeure au cœur des enjeux géopolitiques en Méditerranée occidentale.

KS

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