
On y revient décidément : le manque de prévoyance et d’anticipation par rapport à la grande crise de l’énergie touche tous les secteurs, mais là où c’est compliqué en cette période sensible de l’année, c’est que ces défections se répercutent sur la saison touristique, risquant même de la compromettre. Dans une récente conférence de presse, le ministre du Tourisme a déclaré que la Tunisie table en passe de battre le record de 11 millions de touristes enregistré en 2025. Le marché algérien procure 4 millions de touristes, celui libyen 2 millions suivis par le marché européen avec , en tête, la France et, bien sûr, le tourisme interne et les vacances des Tunisiens résidant à l’étranger. Selon les indicateurs de la Banque centrale au 10 juillet dernier, les recettes touristiques ont atteint les 3,68 milliards de dinars 3,52 milliards de dinars contre 3,52 pour 2025, soit une augmentation de 4,5%.
Tout cela est bien beau.
Sauf que, censées être une période de répit et de détente, les vacances d’été se sont transformées en un véritable cauchemar pour de nombreux touristes en Tunisie, piégés dans des hôtels sans eau et sans électricité en pleine période de canicule.
Depuis le 15 juillet dernier, la Tunisie est frappée par des températures dépassant les 40° dans de nombreuses régions touristiques, jumelées à des pannes répétées de courantélectrique. Si les premiers touchés sont les locaux, cette situation impacte aussi les touristes étrangers.
Les réseaux sociaux s’y mettent, et c’est normal
Sans alimentation en électricité, ces touristes se retrouvent dans des hôtels sans climatisation, mais surtout sans eau courante, à cause des pompes qui tombent en rade.
Maria, arrivée du Luxembourg pour passer les vacances sur l’île de Djerba, témoigne au journal L’Essentiel : “Il y a trois coupures de courant et d’eau par jour, d’environ deux heures”. Elle note que la chaleur peut parfois effleurer les 50° dans certains endroits en Tunisie.
Au niveau de sa résidence, le courant électrique se coupe “de15h10 à 17h50, de 21h50 à minuit et de 2h à 5h”, a-t-elle confié, assurant “qu’un petit tracteur passe en continu pour amener de l’eau aux gens”. “Les gens se ruent sur les packs d’eau. Les prix dans les magasins d’alimentation explosent”, a-t-elle ajouté.
Son compagnon assure quant à lui que les coupures d’électricité de cet été sont exceptionnelles, estimant que “les compagnies comme Luxair doivent alerter sur la situation… et mettre en garde les personnes âgées ou les familles avec des petits enfants qui viennent ici”.
Seuls l’aéroport de Djerba et la Ghriba épargnés
On suffoque à Djerba: restos et hôtels et seuls l’aéroport et la Ghriba sont épargnés par le délestage.
Dans certains hôtels, il y a des locataires qui laissent les portes de leurs chambres fermées pendant les coupurespour profiter du peu d’air frais projeté par les climatiseurs, poursuit-il.
Dans un post publié sur Facebook, un touriste écrit désespérément : “On étouffe à Djerba”, dévoilant que le courant se coupe “chaque jour” et que la situation est devenue “insupportable”. “Avec cette chaleur étouffante et une humidité de plus de 70%, on nous laisse sans climatisation”, a-t-il ajouté.
Cette situation se traduit par de graves conséquences chez les touristes. L’internaute évoque des “crises respiratoires et le pourrissement des aliments dans les frigos”. “On suffoque ! En pleine crise climatique, on nous laisse littéralement tomber”, a-t-il dénoncé.
“Ce service catastrophique, on le paye plein pot avec des factures toujours plus salées ! Je regrette vraiment mes vacances dans ce pays !”, a-t-il ajouté, assurant qu’il compte changer de destination l’année prochaine.
Cette situation touche de nombreuses régions du territoire tunisien. La Société tunisienne d’électricité et de gaz (STEG) a annoncé la mise en place de coupures périodiques à partir du 18 juillet afin de préserver l’équilibre du réseau national.
Avec la canicule qui frappe de plein fouet la Tunisie, la consommation de l’électricité a atteint des seuil records, notamment en raison touristique.
Inquiétant niveau de booking.
On ne saurait dire sur quels paramètres a tablé le ministère du Tourisme dans ses évaluations pour la saison touristique 2026. Parce qu’il y a contradiction : d’un côté, on bat le record de 2025 (11 millions de touristes) ; de l’autre, on passe sous silence le fait que cet été, les réservations depuis le marché européen (notamment français) affichaient déjà des baisses allant jusqu’à 50% dans certains hôtels à Djerba, provoquées par les incertitudes internationales et la hausse des tarifs aériens (Tunisair n’est pas en reste). Maintenant, avec cette canicule et le délestage, il faut espérer que des annulations ne se produisent pas. Et, puis, ne pas oublier que, pas moins de 164 unités hôtelières avaient mis la clé sous la porte.
Maintenant, il s’agit de sauver les meubles. C’est qu’il y a le feu à la maison, comme on dit. On ne répètera jamais assez que le tourisme joue un rôle stratégique dans les finances et l’économie tunisienne. Il représente plus de 5% du Produit Intérieur Brut (PIB) et génère des recettes annuelles en devises de plus de 8 milliards de dinars.
(L’Univers News avec sites)



