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Tunisie–Espagne : le temps des projets

La réception donnée par l’ambassade d’Espagne pour sa fête nationale a confirmé la bonne santé des relations bilatérales. Reste désormais à convertir cette proximité en investissements, en échanges et en emplois.

Tunis – Univers News. Le 12 octobre, l’Espagne célèbre sa fête nationale. À Tunis, l’ambassade a pris un peu d’avance : la réception, donnée le vendredi 9 octobre, a réuni diplomates, officiels et acteurs économiques. Le ton était cordial, mais le message de fond était clair : entre Tunis et Madrid, l’heure n’est plus aux déclarations d’amitié, elle est au concret.

Plus qu’un voisinage

L’ambassadeur Isidro González Afonso a donné le cap. Pour lui, la relation entre les deux pays ne se résume pas à quelques centaines de kilomètres de Méditerranée. Elle s’appuie sur un héritage historique commun, des liens humains anciens et, surtout, des ambitions partagées.

Le diplomate a passé en revue les initiatives espagnoles en cours en Tunisie, sur les plans économique, culturel et du développement. Il a aussi exprimé la solidarité de son pays avec la Palestine.

Un partenaire de premier plan

Côté tunisien, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a mis les chiffres sur la table. L’Espagne est le quatrième partenaire commercial de la Tunisie au sein de l’Union européenne et l’un de ses investisseurs étrangers significatifs.

Le ministre a appelé à exploiter davantage ce potentiel, en rapprochant les entreprises des deux rives grâce aux structures existantes : le Conseil d’affaires et la Chambre tuniso-espagnole de commerce et d’industrie. Il a également invité à saisir les opportunités ouvertes par les stratégies espagnoles tournées vers l’Afrique et le monde arabe.

L’AECID, un levier à saisir

L’annonce la plus structurante concerne la coopération au développement. La Tunisie figure parmi les pays prioritaires du sixième Plan directeur de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID). Ce statut ouvre la voie à des programmes dans la transition écologique, l’appui institutionnel, la gouvernance et l’inclusion économique et sociale.

Le ministre a ciblé plusieurs chantiers :

  • la gestion de l’eau et l’agriculture, devenues stratégiques face au stress climatique ;
  • le tourisme durable et la valorisation du patrimoine ;
  • les échanges universitaires et la mobilité des étudiants ;
  • la diaspora tunisienne établie en Espagne, avec ses compétences en technologies de l’information, en intelligence artificielle, en recherche et en énergies renouvelables.

L’épreuve des résultats

Le diagnostic est partagé, les instruments existent et la volonté politique s’affiche. La prochaine étape dira si Tunis et Madrid savent transformer une relation historiquement solide en partenariats productifs. Ce sont ces partenariats qui doivent faire des deux pays des acteurs majeurs d’une Méditerranée de projets.

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