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Accord sur l’hydrogène vert… et quelles opportunités à saisir??!!!

UniversNews (SEF) – La Tunisie ne peut pas être un simple pays de transit dans le projet d’hydrogène vert reliant l’Afrique du Nord à l’Europe… elle pourrait devenir l’une des pièces maîtresses de ce nouveau système énergétique, grâce à sa situation géographique, à son immense potentiel en matière d’énergie solaire et éolienne, ainsi qu’à la proximité des zones de production d’énergies renouvelables avec les côtes européennes.

L’accord conclu entre la Tunisie, l’Algérie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche pour la production et le transport d’hydrogène vert offre à la Tunisie une opportunité stratégique qu’il ne faut pas envisager sous le seul angle du transit. Si le passage de l’hydrogène par le territoire tunisien s’impose de fait — en raison de la géographie et de considérations économiques —, l’intérêt national exige que la Tunisie obtienne une part claire de la valeur ajoutée générée par ce projet.

L’hydrogène ne pourra transiter que par la Tunisie ; c’est inévitable. De même, une partie de la production se fera en Tunisie ; c’est tout aussi inéluctable. C’est ce qu’a affirmé l’expert stratégique Sami Jellouli.

La leçon la plus importante à tirer est de ne pas reproduire l’expérience des négociations relatives au gazoduc. La Tunisie ne doit pas se contenter du rôle de pays de transit ; elle doit au contraire tirer parti de sa position stratégique pour obtenir des revenus substantiels et conditionner le passage des infrastructures à la mise en œuvre de projets de production et d’investissement sur son propre territoire. Plus important encore, l’hydrogène vert diffère du gaz naturel.

Parler d’hydrogène vert ne revient pas à évoquer une ressource souterraine hypothétique —dont la possession reste incertaine— mais bien une énergie que la Tunisie peut produire en exploitant le soleil, le vent et ses vastes étendues désertiques, pour ensuite la transformer en hydrogène et en ammoniac verts.

La production d’hydrogène en Tunisie ne vise pas uniquement l’exportation ; elle peut également s’inscrire dans une stratégie de sécurité énergétique nationale.

En effet, une partie de l’énergie renouvelable et de l’hydrogène produits localement pourrait être destinée aux industries tunisiennes, permettant ainsi de produire de l’ammoniac vert au lieu de l’importer et, par conséquent, soutenir le Groupe chimique tunisien (GCT) ainsi que l’industrie des engrais ; cela aurait des retombées positives sur le secteur agricole tout en permettant de réduire la facture des importations.

Cela peut également s’intégrer à un système d’installations de dessalement de l’eau de mer alimentées par l’énergie solaire et éolienne, permettant ainsi de fournir l’eau nécessaire à la production d’hydrogène tout en réduisant la pression sur les nappes phréatiques et en générant des ressources supplémentaires en eau potable, industrielle et agricole. Quant à la question du financement, elle ne saurait servir de prétexte à l’hésitation.

La liaison électrique ELMED avec l’Italie, conjuguée aux projets d’énergies renouvelables, d’hydrogène vert, de dessalement de l’eau et aux industries chimiques, pourrait constituer le noyau d’une nouvelle stratégie pour la sécurité énergétique et économique de la Tunisie.

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