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Banques cotées : cinq établissements se distinguent au premier semestre 2026… Amen Bank, BT, BNA, UBCI et Wifak Bank affichent des performances remarquées

Univers News (Finances) – Les banques cotées tunisiennes ont globalement maintenu le cap au premier semestre 2026. Dans un environnement marqué notamment par la baisse du taux directeur à 7 %, le secteur affiche une progression du PNB de 5,6 % et un résultat net en hausse de 2,7 %. Cinq établissements se distinguent particulièrement : Amen Bank, la Banque de Tunisie (BT), la BNA, l’UBCI et Wifak Bank.

Au total, les douze banques cotées analysées ont généré 891 MDT de bénéfice au 30 juin 2026, pour un PNB de 3,81 milliards de dinars. Les dépôts progressent de 8,4 %, tandis que les crédits augmentent de 1,9 %.

— Un semestre marqué par trois tendances

Au terme des six premiers mois de 2026, le paysage bancaire coté fait apparaître trois grandes tendances : la recherche d’efficience, la reprise de la dynamique commerciale et le renforcement des bilans.

Amen Bank, BT et BNA illustrent la capacité à conjuguer maîtrise des charges et rentabilité. L’UBCI et Wifak Bank se distinguent par leur accélération commerciale. La BH Bank et la STB poursuivent, quant à elles, un travail de consolidation de leurs fondamentaux.

Au niveau sectoriel, les douze banques cotées affichent ainsi un PNB de 3,81 milliards de dinars et un bénéfice de 891 MDT au premier semestre 2026.

Une première moitié d’exercice qui confirme, au-delà des différences de profils, la capacité du secteur bancaire coté à préserver sa rentabilité tout en poursuivant la transformation de ses modèles de croissance.

Montants en millions de dinars (MDT), comptes individuels au 30 juin 2026, comparés au 30 juin 2025. Périmètre :

BIAT, BNA, STB, BH Bank, Attijari Bank, Amen Bank, BT, UIB, ATB, UBCI, Wifak Bank et BTE.

Tableau comparatif

BanqueTotal bilan (Mds DT)Dépôts (Mds DT)Crédits (Mds DT)PNB (MDT)Var. PNBRésultat net (MDT)Var. résultatCoef. d’exploit.ROE annualisé
Amen Bank13,199,337,57362,4+17,7 %161,9+23,7 %35,3 %18,6 %
BT8,936,816,59292,1+11,8 %95,6+12,5 %34,6 %12,7 %
BNA25,4715,3914,55560,1+4,3 %156,3+13,8 %38,0 %12,7 %
UBCI6,224,274,03194,9+10,9 %30,0+9,7 %64,7 %10,1 %
Wifak Bank2,201,571,5059,6+19,3 %2,2+1,7 %74,9 %2,5 %
BIAT28,0423,0213,21802,7+1,9 %271,4+10,3 %46,4 %22,7 %
Attijari Bank14,0111,976,89374,8+5,1 %123,1+5,9 %50,9 %23,6 %
BH Bank15,3610,2110,35345,7+8,7 %15,2−72,0 %47,2 %2,2 %
STB15,9012,978,72313,7−10,5 %9,1−59,4 %60,0 %1,4 %
UIB8,757,196,48273,8+5,9 %52,3+6,6 %54,1 %9,5 %
ATB7,916,614,97187,0+9,2 %−27,6perte74,3 %−9,4 %
BTE1,741,311,1743,6+25,3 %1,4bénéfice82,9 %n.s.
Total secteur147,73110,6586,033 810,4+5,6 %891,0+2,7 %48,6 %12,4 %

Var. = évolution entre le 30/06/2025 et le 30/06/2026. ROE annualisé = résultat net semestriel × 2 / capitaux propres. Banques mises en avant surlignées en bleu. Pour Wifak Bank (banque islamique), les crédits correspondent aux financements.

Au total, le semestre confirme que la performance bancaire se joue sur la maîtrise des charges et la qualité du portefeuille. Sur ces critères, Amen Bank, la BT et la BNA montrent la voie, l’UBCI et Wifak Bank incarnent la dynamique de croissance du secteur, tandis que la BH Bank et la STB consolident leurs fondamentaux pour la suite de l’exercice.

Graphique 1 – Résultat net semestriel par banque (banques mises en avant en bleu).

— Amen Bank, BT et BNA : l’efficience et la rentabilité

Amen Bank, la BT et la BNA partagent un point commun : une gestion rigoureuse de leurs charges. Leurs coefficients d’exploitation, compris entre 34,6 % et 38,0 %, sont les plus bas du secteur, dont la moyenne s’établit à 48,6 %. Chaque dinar de PNB y génère davantage de résultat que chez leurs concurrentes.

Graphique 2 – Coefficient d’exploitation = (frais de personnel + charges générales + amortissements) / PNB. Source : états financiers intermédiaires individuels au 30/06/2026 (CMF).

§  Amen Bank : une accélération sur tous les fronts

 

Amen Bank réalise le semestre le plus dynamique des grandes banques. Son PNB bondit de 17,7 % à 362,4 MDT, la plus forte hausse parmi les banques de taille comparable. Tous les moteurs contribuent : commissions +5,1 % (79,3 MDT), gains sur portefeuille commercial +29,9 % (40,4 MDT) et revenus du portefeuille d’investissement +32,7 % (189,3 MDT).

Cette croissance se traduit directement dans les résultats. Avec un coefficient d’exploitation de 35,3 %, le résultat d’exploitation progresse de 24,4 % à 174,6 MDT et le bénéfice net de 23,7 % à 161,9 MDT. Amen Bank se hisse ainsi au deuxième rang du secteur par le bénéfice, devant la BNA et Attijari Bank, avec un rendement annualisé des fonds propres de 18,6 %.

La qualité du portefeuille s’améliore également : le taux d’engagements classés recule de 9,96 % à 8,70 % en un an, couverts à 72,21 %. Les capitaux propres atteignent 1 743,5 MDT (+9,7 %), tandis que dépôts (+7,3 %) et crédits (+5,6 %) progressent de manière équilibrée.

§  BT : l’efficience au service de la rentabilité

La Banque de Tunisie affiche le meilleur coefficient d’exploitation du secteur, à 34,6 %. Elle est aussi l’une des rares grandes banques à faire progresser sa marge d’intérêt malgré la baisse des taux : +18,5 % à 166,7 MDT, grâce à une baisse de 8,0 % de ses charges d’intérêts. Son PNB augmente de 11,8 % à 292,1 MDT.

Le résultat d’exploitation progresse de 17,6 % à 157,2 MDT et le bénéfice net de 12,5 % à 95,6 MDT, pour un rendement annualisé des fonds propres de 12,7 %. La BT soutient activement l’économie : ses crédits à la clientèle augmentent de 9,6 % à 6,59 milliards de dinars, l’une des plus fortes hausses du secteur.

Elle se distingue enfin par la meilleure qualité d’actifs publiée : un taux de créances non performantes de 6,49 % (contre 7,26 % précédemment) et un taux de couverture de 85,69 %, le plus élevé des banques qui publient ce ratio. Ses capitaux propres atteignent 1 508,3 MDT (+7,6 %).

§  BNA : la puissance du bilan

Avec 14,55 milliards de dinars de crédits à la clientèle (+5,0 %), la BNA est le premier prêteur parmi les banques cotées, devant la BIAT. Elle signe aussi la collecte la plus dynamique des grandes banques : ses dépôts progressent de 18,8 % à 15,39 milliards de dinars. Son total bilan atteint 25,47 milliards (+7,0 %), au deuxième rang du secteur.

Son PNB progresse de 4,3 % à 560,1 MDT, porté par les revenus du portefeuille d’investissement (+13,2 % à 394,4 MDT). La maîtrise des charges (coefficient de 38,0 %) et la stabilité des dotations sur créances (100,3 MDT) permettent au bénéfice net de croître de 13,8 % à 156,3 MDT.

La BNA dispose des capitaux propres les plus élevés du secteur, à 2 458,2 MDT (+9,9 %), ce qui lui donne une marge de manœuvre importante pour poursuivre l’assainissement de son portefeuille, dont le taux de créances classées s’établit à 20,35 %, couvert à 64,82 %.

Graphique 4 – Dépôts et crédits à la clientèle au 30 juin 2026.

— UBCI et Wifak Bank : les moteurs de la croissance

Deux banques de taille plus modeste affichent les plus fortes dynamiques commerciales du semestre : l’UBCI et Wifak Bank. Elles occupent les deux premières places du classement de la croissance du crédit.

§  UBCI : une croissance soutenue et équilibrée

L’UBCI enregistre la plus forte croissance de bilan des banques conventionnelles : +9,3 % à 6,22 milliards de dinars. Ses crédits à la clientèle progressent de 11,6 % à 4,03 milliards et ses dépôts de 8,5 % à 4,27 milliards, signe d’un engagement fort dans le financement de l’économie.

Son PNB augmente de 10,9 % à 194,9 MDT, grâce à des revenus diversifiés : commissions +13,7 % (39,9 MDT) et gains sur portefeuille commercial +49,1 % (45,3 MDT). Le bénéfice net progresse de 9,7 % à 30,0 MDT.

L’UBCI se distingue aussi par la qualité de son portefeuille : ses dotations sur créances ne représentent que 5,8 % du PNB, l’un des trois niveaux les plus bas du secteur. Selon les données de ses notes, les engagements classés représentent environ 6 % du total. Ses capitaux propres atteignent 593,3 MDT (+7,7 %).

§  Wifak Bank : une forte dynamique de développement

Wifak Bank affiche la croissance la plus rapide des douze banques cotées. Son total bilan progresse de 17,7 % à 2,20 milliards de dinars, ses dépôts de 22,9 % à 1,57 milliard et ses financements à la clientèle de 17,5 % à 1,50 milliard.

Son PNB progresse de 19,3 % à 59,6 MDT, porté par une marge sur financements en hausse de 22,9 % (41,6 MDT) et des commissions en hausse de 12,8 % (17,9 MDT). La banque poursuit son développement, avec un réseau de 58 agences, et dégage un bénéfice net de 2,2 MDT.

Cette dynamique s’accompagne d’une reconnaissance externe : ses états financiers font état d’un relèvement de sa note de deux crans par Fitch, à BBB avec perspective stable. Son taux d’actifs classés reste contenu à 6,70 %.

Graphique 3 – Croissance des crédits à la clientèle sur un an.

— BH Bank et STB : des fondamentaux en consolidation

Les deux autres banques publiques traversent une phase d’investissement dans la solidité de leur bilan, qui pèse temporairement sur leurs résultats mais prépare la suite.

§  BH Bank : le choix du renforcement

La BH Bank affiche une activité commerciale solide : son PNB progresse de 8,7 % à 345,7 MDT et sa marge d’intérêt de 3,7 % à 106,3 MDT, l’une des rares hausses du secteur. Ses dépôts augmentent de 7,9 % à 10,21 milliards de dinars, ce qui lui permet de réduire de 15,6 % ses emprunts et ressources spéciales. Avec 10,35 milliards de crédits, elle est le troisième prêteur du secteur coté.

La banque a choisi de renforcer significativement la couverture de ses risques, avec 146,7 MDT de dotations sur créances au semestre, dont 48,8 MDT de provisions additionnelles. Cet effort de provisionnement explique un bénéfice net de 15,2 MDT et consolide la qualité de son bilan, adossé à 1 378,8 MDT de capitaux propres.

§  STB : des ressources importantes pour préparer la suite

La STB dispose de la troisième base de dépôts du secteur, à 12,97 milliards de dinars (+10,3 %), et d’une liquidité très confortable : son ratio de liquidité atteint 624,9 %, pour un minimum réglementaire de 100 %. Son total bilan progresse de 4,4 % à 15,90 milliards de dinars. Ses revenus du portefeuille d’investissement augmentent de 27,1 % à 216,3 MDT.

Les dotations sur créances reculent de 15,4 % à 131,4 MDT, signe d’un allègement du coût du risque. Dans un contexte de baisse des taux qui pèse sur sa marge d’intérêt, la STB dégage un bénéfice net de 9,1 MDT. Avec 1 320,1 MDT de capitaux propres et des ressources abondantes, elle dispose d’une base solide pour accompagner la reprise du crédit.

— Les autres banques du secteur

  • BIAT : première banque du pays par la taille (28,04 milliards de dinars de bilan) et par le bénéfice (271,4 MDT, +10,3 %), avec un coût du risque très faible.
  • Attijari Bank : bénéfice de 123,1 MDT (+5,9 %) et rendement des fonds propres de 23,6 %, avec un ratio de solvabilité publié de 13,89 %.
  • UIB : résultat en hausse de 6,6 % à 52,3 MDT, porté par un résultat d’exploitation en progression de 17,7 %.
  • ATB et BTE : l’ATB enregistre une perte de 27,6 MDT, liée à des dotations estimées selon une approche statistique pendant sa migration informatique. La BTE revient à l’équilibre (1,4 MDT), mais ses fonds propres restent inférieurs au minimum réglementaire, comme le relèvent ses commissaires aux comptes.

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