
UniversNews (Santé) – Tout n’allait pas bien depuis longtemps entre la Caisse nationale d’Assurance-maladie (CNAM) et le Syndicat des Pharmaciens d’Officine de Tunisie (SPOT), surtout les redevances auprès des pharmacie ont atteint la somme faramineuse d’environ 180 millions de dinars et qu’aucun signe que les pouvoirs publics comptent payer leurs dettes… Et voilà qu’à l’occasion de l’examen du budget de l’Etat en commissions, le ministre des Affaires sociales remue la fourmilière, en déclarant devant la commission de la santé que les pharmaciens ne seraient pas payés s’ils ne reviennent pas sur leur décision de suspendre le système du tiers payant, entrée en application depuis le 1er novembre 2026, en raison de retards de paiement importants de la CNAM et d’un arriéré de créances estimé à plus de 180 millions de dinars.
Le SPOT invoque, à cet effet, l’article 40 de la convention sectorielle, qui oblige la CNAM à régler les prestations sous 14 jours ouvrables. Or, les retards atteignent parfois plusieurs mois, mettant en péril la trésorerie des officines et leurs règlements auprès des grossistes-répartiteurs.
Le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, a annoncé le 5 novembre 2026 que les versements aux pharmacies resteraient bloqués tant que ces dernières n’auraient pas rétabli le système du tiers payant… alors que le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) a vivement réagi en qualifiant cette mesure d’inacceptable et en soulignant que faire des créances des pharmaciens un moyen de pression menace la sécurité sanitaire et l’accès aux soins des assurés sociaux.
La tension s’est accentuée, bien que certaines informations ont fait état, hier, que la somme de 40 millions de dinars sera débloquée pour payer les pharmaciens… mais, le SPOT a tenu à rappeler, dans un communiqué, que «les institutions de l’État sont tenues de respecter leurs engagements conformément à la loi n° 71 de 2004 portant création du régime d’assurance maladie et à la convention sectorielle signée le 14 février 2019 et ses avenants modificatifs et complémentaires.
Par ailleurs, le SPOT a affirmé que les contacts avec la CNAM et le ministère des Affaires sociales n’ont pas été interrompus depuis septembre dernier. Il a précisé avoir reçu des promesses verbales de règlement des sommes dues au début et à la fin du mois de septembre, puis au début du mois d’octobre. Le syndicat a également adressé un courrier aux ministères concernés le 19 octobre et tenu des réunions avec les deux institutions dans un climat de respect mutuel et de compréhension. Les pharmaciens ont attendu que ces engagements et promesses soient honorés, mais la non régularisation de la situation les a poussés à suspendre le travail avec le régime du tiers payant, a souligné le SPOT exprimant le souhait de voir cette situation réglée.
Ce qui est malheureux, maintenant, c’est qu’à la suite de ce conflit déclaré, entre le ministère des Affaires sociales et le SPOT… et ce sont les citoyens qui sont les moutons de Panurge et qui paient la facture aux dépens de leur santé!!!
Faouzi SNOUSSI



