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Sucre – café – riz : Les « stocks » rassurent… les rayons beaucoup moins!!??

Univers News (Commerce) – Cinq mois de sucre, quatre de café, six de riz : devant les élus, le ministre du Commerce a voulu dresser un tableau apaisant des réserves alimentaires du pays. Mais les ruptures à répétition du thé rouge rappellent une vérité simple : un stock n’a de valeur que s’il parvient jusqu’au consommateur.

Le message se voulait rassurant. Réunies jeudi 5 novembre en séance de travail commune, des commissions de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts ont entendu Samir Abid, ministre du Commerce et du Développement des exportations, détailler l’état des réserves en produits de base.

Les chiffres avancés : 130 000 tonnes de sucre, de quoi couvrir cinq mois de consommation ; quelque 6 000 tonnes de café, soit quatre mois ; et 9 000 tonnes de riz, l’équivalent de six mois.

Sur le papier, la Tunisie dispose donc d’un matelas confortable pour traverser l’hiver sans sueurs froides. Dans les faits, le consommateur, lui, juge sur pièce, c’est-à-dire devant l’étal.

Le thé rouge, symptôme d’un maillon faible

Car l’aveu le plus instructif de cette audition ne porte pas sur les quantités, mais sur la chaîne qui les achemine. Interrogé sur les pénuries de thé rouge signalées dans plusieurs régions, le ministre a reconnu que le problème ne tient pas tant à l’approvisionnement qu’au conditionnement.

En cause : la vétusté des équipements de l’Office du commerce de Tunisie, dont les capacités d’emballage restent très limitées.

Le détail en dit long : une machine conçue pour le riz a dû, un temps, être détournée pour conditionner du thé. Autrement dit, la marchandise était bien là, mais l’outil pour la mettre en sachets faisait défaut.

Le ministre assure que la situation s’est améliorée ces dernières semaines. Il n’en reste pas moins qu’un produit aussi ancré dans les habitudes des ménages tunisiens a pu manquer pour une simple question de machines.

Volaille et œufs : l’offre suit la demande

Sur le front des produits agricoles, on affiche un renforcement de l’offre. Les quantités de viande de volaille mises sur le marché ont été portées à 16 000 tonnes, tandis que l’approvisionnement en œufs atteint 160 millions d’unités, afin d’accompagner l’évolution de la demande.

Du stock au panier, le vrai défi

Reste l’essentiel. Afficher des stocks confortables est une chose ; garantir une distribution régulière, dans toutes les régions et à tout moment, en est une autre.

L’épisode du thé rouge montre que le maillon faible ne se situe pas forcément dans les entrepôts, mais dans la logistique, le conditionnement et l’acheminement.

Moderniser les équipements de l’OCT n’a rien d’un luxe : c’est la condition pour que les chiffres rassurants annoncés devant les élus se traduisent enfin par des rayons bien garnis.

Car pour le citoyen, la sécurité alimentaire ne se mesure pas en mois de consommation, mais en produits disponibles près de chez lui.

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