Contrôles économique : 57 000 contrôles et plus de 86 000 infractions en dix mois .

le bilan présenté par le ministre du Commerce, Samir Abid, devant les députés se veut la preuve d’un État vigilant. Il pose surtout une question : que mesure-t-il vraiment ?
Tunis – Univers News : Un contrôle sur six se solde par un procès-verbal. Nos commerçants seraient-ils donc tous des fraudeurs ? L’explication est ailleurs. Le ministre reconnaît lui-même que la flambée de la tomate tient au recul de la production. Or aucune amende ne remplit un étal vide. Quand l’offre manque et que le stockage fait défaut, la spéculation prospère : c’est la cause qu’il faut traiter, pas seulement le symptôme.
Le chiffre de 86 000, présenté sans ventilation, met par ailleurs dans le même sac un défaut d’affichage et une entente anticoncurrentielle. Il frappe les esprits mais n’éclaire rien. Quant aux circuits de distribution, minés par les intermédiaires et le manque de froid, leur modernisation, à commencer par le marché de gros de Bir El Kassaâ, n’est qu’à l’étude.
Multiplier les contrôles ne fait pas baisser les prix. La vraie performance se mesure à la disponibilité des produits, au recul des abus et à la protection du pouvoir d’achat. Elle se joue moins chez le détaillant du coin que sur les structures de marché, là où agit le Conseil de la concurrence. D’où la nécessité d’un tableau de bord public : infractions par catégorie, récidives, sanctions effectives, évolution des prix.
Le citoyen ne compte pas les procès-verbaux. Il attend des prix raisonnables et un panier qu’il peut remplir. Un État fort n’est pas celui qui contrôle le plus, mais celui qui rend la fraude inutile.



