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Pharmacies privées – CNAM : Quand le patient est pris en otage…!!???

Tunis – Univers News : Entre les impayés de la CNAM et la suspension du tiers payant par les officines, le ministère des Affaires sociales choisit le bras de fer. L’Ordre des pharmaciens tire la sonnette d’alarme : c’est toute la chaîne du médicament qui vacille.

Le message est passé presque inaperçu, lors d’une audition parlementaire. Devant la commission de la santé de l’Assemblée des représentants du peuple et du Conseil national des régions et des districts, le ministre des Affaires sociales aurait annoncé que les créances dues aux pharmacies privées ne seraient pas réglées tant que celles-ci n’auraient pas renoncé à suspendre le tiers payant avec la CNAM. Autrement dit : pas de paiement sans reddition.

La réaction du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) ne s’est pas fait attendre. L’Ordre se dit étonné par de tels propos et espère qu’ils seront démentis, ou que la décision sera tout simplement révisée.

Une décision qui ne tombe pas du ciel

Car la suspension du tiers payant n’a rien d’un caprice. Les pharmaciens le rappellent : ils n’ont pas pris cette décision à la légère. Elle est la conséquence directe des retards de paiement répétés et de l’accumulation des impayés de la CNAM, qui ont fini par creuser de graves déséquilibres dans les comptes des officines. Conditionner le règlement de ces dettes à la levée de la suspension revient donc à inverser les rôles : le créancier se retrouve sommé de céder, pendant que le débiteur fixe ses conditions.

Toute la chaîne du médicament menacée

Le problème dépasse largement les murs des pharmacies de quartier. Privées de liquidités, nombre d’officines voient leur survie même compromise. Et derrière elles, ce sont les grossistes-répartiteurs et les industriels du médicament qui risquent d’être entraînés dans la spirale. Les risques sont connus : fragilisation financière des entreprises, pertes d’emplois, tensions sur l’approvisionnement en médicaments et, au bout du compte, menace sur la continuité des traitements des malades.

Car c’est bien le patient qui paie, in fine, le prix de ce bras de fer. Sans tiers payant, il doit avancer les frais. Sans pharmacies solvables, il risque de ne plus trouver ses médicaments.

Le dialogue plutôt que l’épreuve de force

Face à cette impasse, le CNOPT appelle le ministre à assumer ses responsabilités et à privilégier le dialogue et la recherche d’un consensus. Il réclame surtout des solutions durables, qui garantissent enfin le règlement des créances et la continuité de l’activité de tous les acteurs du secteur.

Reste une question que personne, au ministère comme à la CNAM, n’a encore tranchée publiquement : combien de temps la chaîne du médicament pourra-t-elle tenir avant de rompre ?

Mourad

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