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Affaire des 61 marocains  : La Tunisie ne doit pas servir de décor aux querelles des autres

UniversNews (Analyse – NAT) – En désignant la Tunisie comme point de passage d’un présumé réseau de sabotage, Alger place Tunis dans une position inconfortable. L’occasion de rappeler une règle simple : notre souveraineté ne se délègue pas, et notre neutralité ne se négocie pas.

Un récit qui interroge

Le 11 octobre, la sûreté nationale algérienne a annoncé l’arrestation à Oran de 61 Marocains, dont un ancien militaire, soupçonnés de préparer des actes de sabotage. Arrivés par avion à Tunis, ils auraient franchi clandestinement la frontière par les forêts d’El Kala avant de traverser l’Algérie jusqu’à Oran.

Pour toute preuve, des passeports et quelques devises. Ni armes, ni cibles, ni dates. Or la route Tunis–Oran est connue de longue date des candidats marocains à l’émigration vers l’Espagne : 67 d’entre eux avaient déjà été arrêtés à Oran en mai, 18 en juillet. À la justice algérienne d’établir les faits. Pour Tunis, la vraie question est le rôle que ce récit nous assigne.

Un contexte diplomatique tendu

L’annonce tombe à quelques jours du renouvellement du mandat de la MINURSO à l’ONU. Depuis octobre 2025, le plan d’autonomie marocain sert de base aux négociations, avec l’appui de Washington, Madrid et Paris….!!??

Les risques pour la Tunisie

Désignée comme couloir, la Tunisie s’expose à une pression pour une coopération sécuritaire plus intrusive, à un durcissement frontalier qui frapperait d’abord le Nord-Ouest et le Centre-Ouest, et à une nouvelle dégradation de ses relations avec Rabat.

La Tunisie n’a pas à arbitrer le conflit saharien, encore moins à en devenir le décor. Sa force a toujours été d’être une passerelle plutôt qu’un rempart. Des frontières maîtrisées, une coopération bornée, une énergie moins dépendante et une diplomatie équilibrée : c’est à ce prix que notre agenda national restera entre nos seules mains.

                                                                MOURAD B SLIMANE

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