Assemblées annuelles du FMI et de la B.M… l’immeuble prend l’eau!!!

UniversNews (Finances) – Flambée du pétrole, révolution de l’intelligence artificielle, guerres qui vident les budgets et duel sans merci entre Washington et Pékin : c’est sous la menace de quatre chocs simultanés que s’ouvrent à Bangkok les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale. Inflation tenace, dette record et commerce fragmenté : rarement l’économie mondiale aura eu autant besoin de réponses communes.
Il y a des moments où l’économie mondiale ressemble moins à une salle de conférence qu’à une salle d’urgence. Du 12 au 18 octobre, plus de 15 000 participants venus de 191 pays se retrouvent à Bangkok pour les Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale : ministres des Finances, gouverneurs de banques centrales, dirigeants d’institutions, économistes et investisseurs. Ils arrivent avec quatre valises bien plus lourdes que des bagages diplomatiques.
L’énergie. La guerre au Moyen-Orient a réveillé le spectre d’un choc pétrolier. Or le pétrole ne voyage jamais seul : il entraîne le transport, les engrais, l’alimentation et finalement l’inflation. Une question domine : comment combattre l’inflation sans provoquer une récession ?
L’intelligence artificielle. Elle promet des gains de productivité spectaculaires, mais bouleverse l’emploi et la fiscalité. Qui taxer, et comment éviter une productivité privée assortie d’une facture sociale publique ?
Les guerres. Elles détruisent des infrastructures, mais aussi les marges budgétaires. Les dépenses militaires gonflent les déficits et compriment l’investissement civil. Et cette facture continue d’arriver lorsque les canons se taisent.
Washington contre Pékin. Le duel ne porte plus seulement sur les droits de douane. Il touche les semi-conducteurs, les données et les chaînes d’approvisionnement. La mondialisation se fragmente, et quand les grands ferment leurs portes, les petits se retrouvent dans le couloir.
Les menaces qui guettent. Derrière ces chocs se dessine un scénario redouté : la stagflation, mélange d’inflation persistante et de croissance atone. La dette mondiale, à des niveaux records, rend les États vulnérables à des taux durablement élevés, et les économies les plus fragiles risquent le défaut. Les marchés financiers, gonflés par l’euphorie autour de l’IA, pourraient connaître une correction brutale. La fragmentation commerciale menace d’amputer durablement la croissance mondiale. Et la sécurité alimentaire reste exposée au moindre sursaut des prix de l’énergie. Chacun de ces risques est gérable isolément. Leur conjonction l’est beaucoup moins.
Les dossiers sur la table. Trois rapports donneront le ton. Le World Economic Outlook dira où va la croissance. Le Global Financial Stability Report mesurera les fragilités du système financier. Le Fiscal Monitor fera les comptes d’États pris en tenaille entre dettes, armement et besoins sociaux.
Pourquoi Bangkok compte. Aucun de ces chocs ne se traite à l’échelle d’un seul pays. Ces Assemblées restent le seul lieu où créanciers et débiteurs, grandes puissances et économies fragiles s’assoient à la même table. Bangkok ressemblera moins à un colloque qu’à une réunion de copropriétaires convoquée parce que l’immeuble mondial prend l’eau. La question n’est plus de savoir s’il faut réparer, mais qui paiera, et si les copropriétaires accepteront encore de se parler.
Mourad BEN SLIMANE



