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Congrès de l’UGTT à Monastir : Entre réformes statutaires historiques et batailles de successions

UniversNews – Le congrès de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), qui se tient actuellement à Monastir, marque un tournant décisif pour la centrale syndicale. Entre le retour à la limitation des mandats et la cristallisation des alliances électorales, l’organisation cherche à refonder ses bases après une période de fortes turbulences internes.

Un retour aux sources : L’annulation du controversé « Article 20 »

​L’événement majeur de ce rassemblement restera sans doute la décision souveraine du congrès de modifier en profondeur la loi fondamentale de l’organisation. Dans un geste fort visant à préserver l’unité syndicale, les membres ont voté l’annulation de l’article 20, une disposition qui avait suscité une vive polémique ces dernières années en permettant aux dirigeants de briguer trois mandats consécutifs.

​Désormais, l’UGTT revient à l’esprit du congrès de Djerba de 2006. Le nouvel article 10 stipule que les membres du Bureau exécutif national, y compris le poste de Secrétaire général, ne peuvent plus prétendre qu’à deux mandats successifs. Cette réforme est perçue par beaucoup comme une victoire de la démocratie interne, mettant fin à un débat qui menaçait de scinder la centrale en deux camps irréconciliables.

Une nouvelle architecture pour la direction nationale

​Outre la limitation des mandats, le congrès a acté une restructuration du Bureau exécutif national. Celui-ci sera désormais composé de 13 membres. Pour garantir un équilibre entre expérience et renouvellement, un plafond a été fixé : le nombre de membres retraités ne pourra excéder quatre au sein de cette instance.

​Par ailleurs, une avancée notable a été enregistrée en faveur de la parité, avec l’obligation d’inclure au minimum deux femmes dans la composition du Bureau. Concernant les échelons régionaux et les fédérations professionnelles, si la possibilité de trois mandats est maintenue pour les membres, la fonction de Secrétaire général, elle, reste strictement limitée à deux mandats.

Coulisses électorales : Trois blocs se dessinent

​Alors que les commissions de rédaction (Loi générale, Professionnelle, Règlement intérieur et Cause arabo-sioniste) s’activent pour finaliser les motions qui seront soumises au vote, l’effervescence gagne les coulisses concernant les futures élections.

La visibilité s’affine autour de trois dynamiques principales :

​-La liste de Salah Eddine Selmi : Une liste d’envergure regroupant des figures de proue telles qu’Othman Jallouli, Tahar Berbari, Selouane Smiri et Samia Hegui. Ce bloc semble bénéficier d’une base solide de soutiens.

​-La liste de Farouk Ayari : Une seconde force menée par Farouk Ayari se prépare activement à la compétition.

​-Une troisième voie : Des tractations sont en cours pour former une liste restreinte issue d’alliances entre candidats indépendants, bien que sa forme définitive reste encore à confirmer.

​Un climat de débats intenses

​Bien que les rapports moral et financier aient été adoptés tard hier soir, l’ambiance n’a pas été exempte de tensions. Les discussions ont été marquées par des critiques acerbes, parfois qualifiées de virulentes, à l’égard de la gestion du Bureau exécutif sortant durant la mandature écoulée.

​Enfin, un point sensible concernant la levée du gel des activités de certains dirigeants syndicaux a été abordé. Faute de consensus immédiat, le congrès a sagement décidé d’en reporter l’examen à une échéance ultérieure. Les travaux se poursuivent aujourd’hui avec l’examen des recours par la commission de vérification des mandats, avant le passage aux votes décisifs qui dessineront le visage de l’UGTT pour les années à venir.

KS

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