
Par Jalel Ben Romdhane
UniversNews (TRIBUNE) – Le Forum économique mondial de Davos 2026 s’ouvre aujourd’hui dans un contexte géopolitique tendu, marqué par le retour de Donald Trump et des tensions internationales croissantes.
Le thème officiel, « Un esprit de dialogue », semble presque ironique face à la réalité : un monde fracturé, des conflits commerciaux persistants, et une défiance croissante envers les élites. Davos, autrefois symbole de coopération, est aujourd’hui le reflet des divisions mondiales.
Le retour de Trump : un symbole de confrontation
Donald Trump, de retour à Davos pour la première fois depuis 2020, incarne cette nouvelle ère. Sa présence, et ses récentes décisions (tarifs douaniers, ambitions géopolitiques), transforment le Forum en une arène où s’affrontent les visions du monde. Les manifestants du collectif « Strike-WEF » dénoncent un événement qui, selon eux, ne sert plus que les intérêts des entreprises et des lobbyistes.
L’absence de la Chine : un silence éloquent
L’absence du président chinois est un signe fort dans le paysage géopolitique actuel, malgré la présence d’une délégation chinoise de haut niveau. Cette délégation met en avant l’engagement de la Chine en faveur d’un multilatéralisme renforcé et d’une économie mondiale plus ouverte, tout en soulignant le rôle clé de Pékin dans les secteurs technologiques et énergétiques futurs.
Cependant, cette absence symbolique du chef d’État chinois pose question : alors que Davos tente de promouvoir « l’esprit de dialogue », son silence de Xi Jinping reflète peut-être une stratégie de prudence face aux tensions croissantes avec les États-Unis et l’Europe.
La Chine utilise cette plateforme pour réaffirmer sa position en tant que puissance économique et technologique majeure, tout en cherchant à stabiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales et à soutenir les intérêts des pays en développement. Un silence qui parle, donc, et qui pourrait en dire long sur les priorités de Pékin dans un monde de plus en plus fragmenté.
Les défis de Davos 2026
Davos 2026 se trouve confronté à trois défis majeurs qui reflètent les tensions actuelles de notre monde. D’abord, le défi géopolitique : dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et ses répercussions économiques, les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Europe sur les questions commerciales, et l’émergence de nouveaux blocs économiques comme les BRICS+ et les alliances asiatiques, le Forum doit naviguer dans un paysage international de plus en plus fracturé.
Ensuite, le défi économique : alors que le libre-échange est remis en question par les grandes puissances et que les politiques protectionnistes perturbent les chaînes de valeur mondiales, Davos doit contribuer à repenser la mondialisation et à identifier des modèles économiques plus résistants aux crises.
Enfin, le défi de la légitimité : face à une crise de confiance dans les institutions internationales et à la nécessité de réinventer les espaces de dialogue mondial, Davos doit prouver qu’il peut encore rassembler et intégrer les nouvelles puissances économiques et technologiques dans une dynamique constructive. Ces enjeux soulignent l’urgence de transformer Davos en un lieu non seulement de débat, mais surtout de solutions concrètes pour un monde en pleine mutation.
Et maintenant ?
Davos 2026 est un test : Peut-il se réinventer pour rester pertinent, ou est-il condamné à devenir un symbole d’un monde qui n’existe plus ?
La vraie question n’est pas de savoir si Davos survivra, mais sous quelle forme ?
J.B.R.
Stratège



