Des chercheurs de trésors… sur les plages de Nabeul??!!!

UniversNews (Patrimoine) – Nabeul est l’héritière d’une longue histoire qui a vu défiler Grecs, Romains, Byzantins et Arabes. Le principal attrait de cette région est ses vestiges archéologiques. Derrière chacun de ces sites se cache une histoire, une époque et une civilisation. C’est le cas du site roumain Néapolis.
À l’instar des autres pays du monde, la Tunisie devait relever le défi de la préservation de son patrimoine qui est l’unique témoin de l’histoire et de la culture de la société au fil du temps. Le phénomène de dilapidation du patrimoine archéologique a connu une recrudescence alarmante ces dernières années. Des milliers voire plus de pièces d’une valeur inestimable héritage des civilisations romaine, punique et arabe se retrouvent, chaque année, soumises à un pillage en règle et à un trafic juteux par des malfrats qui voguent toujours dans l’impunité causant une grave saignée à ces biens culturels. Certains trafiquants ignoraient l’importance de ces trésors. Ils les incitent à faire des fouilles clandestines et ramassent tout ce qui se trouvait à leur portée, surtout dans les sites non surveillés.
Les dernières crues ont charrié d’importantes quantités de terre, de débris et d’objets divers vers la mer, avant de les ramener sur le rivage de Nabeul. Et depuis, des passionnés de chasse au trésor et des fouilleurs clandestins se font une joie d’aller rechercher les objets perdus sur les plages, supposément rejetés par la mer ou les vestiges. On les voit arpenter le rivage à la recherche d’objets au site Néapolis, à Sidi Slimane, à Sidi Mahersi et aux Deux Oueds.
« Quand je ne travaille pas, je viens ici et j’oublie tout. J’aime bien être tout seul avec la mer. Quand je trouve quelque chose, je suis content surtout après les dernières intempéries où beaucoup d’objets ont été rejetés par les vagues », souligne un jeune chasseur de trésor. Faux bijoux, coquillages, céramique, mosaïque … Les objets anciens fascinent ces trafiquants qui se contentent de fragments de poteries et quelques os alors qu’ils cherchaient des objets de valeur.
Au-delà des vols, ces pilleurs détruisent les données scientifiques en sortant les objets du contexte environnemental qui permet aux archéologues de comprendre l’histoire de Nabeul. D’ailleurs, les archéologues et les historiens s’insurgent et accusent les fouilleurs clandestins de détruire le patrimoine historique et culturel inestimable.
« Des fouilles clandestines, il y en a presque tous les jours. Il y a pas mal d’efforts pour préserver les sites majeurs. C’est impossible de mettre des gardiens partout », déplore un historien. L’une des principales solutions reste la sensibilisation, défend–il. « Il faut savoir toucher les gens, afin de conserver le patrimoine pour les générations futures. Le patrimoine archéologique constitue une composante essentielle de l’identité historique et civilisationnelle du pays, ainsi qu’un symbole fondamental de sa souveraineté. Toute atteinte à ce patrimoine constitue un acte inacceptable », dit-il
En attendant, les fouilleurs mal intentionnés semblent agir en cette période d’intempéries. Les scientifiques réclament des mesures sévères pour empêcher le trafic d’objets, souvent le fait de bandes organisées. (M.S)



