
UniversNews (SEF) – Démarrage en fanfare des 39e journées de l’Entreprise, bien qu’avec un peu de retard, ce qui a obligé l’assistance à se passer des présentations et du mot de bienvenue du président de l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE),
Après les présentations d’usage, le modérateur a cédé la place au discours introductif de la cheffe du gouvernement, lu par le ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, qui a fait un round-up de l’état des lieux, au niveau de la situation économique dans le pays, avec un tableau des plus optimistes et des chiffres qui doivent donner un aperçu des performances de l’année en cours.
La parole a été donné par la suite, à l’ancien premier ministre français Dominique de Villepin, dont l’intervention était très attendue a été bien appréciée par l’assistance, surtout qu’elle avait tracé un aperçu assez large de la nouvelle donne de l’économie mondiale, notamment la percée de la Chine et l’arrivée en force du président américain Donald Trump qui mène une bataille rangée contre toutes les autres économies, à travers le monde. Il a expliqué que, pour les dix premiers mois de cette année, la politique économique aux forceps mené par le président US a permis d’attirer pas moins de 8 mille milliards d’investissements aux Etats Unis.

De Villepin a évoqué, après un large tour d’horizon sur la situation de l’économie mondiale a conclu avec des constatations et des recommandations. Pour l’orateur, l’enjeu, actuellement, n’est pas … c’est dans le développement partagé que naîtra l’apaisement, le droit et la justice.
Il a proposé quelques orientations dans les relations entre l’Europe, le Maghreb, le Moyen Orient et l’Afrique et dont la première est de tourner la page d’un modèle où certains aident et d’autres reçoivent qui ne correspondent plus aux réalités de puissance, ni des attentes des sociétés, parce que, pour lui, l’enjeu est de coécrire les règles qui nous lient : les règles les règles économiques qui permettent l’accès aux marchés, les règles climatiques qui autorisent la transition et la répartition des efforts, les règles numériques qui encadrent les données, les infrastructures et l’intelligence artificielle.
Il a ajouté que « nos partenaires du sud de la Méditerranée et du continent africain doivent devenir des co-architectes de ces normes et pas des exécutants ».
Pour la deuxième orientation pour l’orateur, est de penser au voisinage et construire des infrastructures communes, entre les pays qui forment un espace continu et soit nous l’organisons pour qu’il soit un terrain de prospérité, soit d’en faire une ligne de fracture permanente et de suspicions. La politique du voisinage doit se traduire par des infrastructures et des co-investissements visibles, avec l’exigence de sécurité qui est essentielle… pour l’eau et l’énergie, projets d’interconnexion électrique, sécurité alimentaire… avec ce que cela exige au niveau des ports, de la logistique, modernisation de la chaîne du transport et des zones de stockage, eyt troisième sécurité, celle numérique. Et quatrième orientation sécuritaire, celle de la coopération judiciaire et sécuritaire, avec des dispositifs contrôlés des frontières, lutte contre la traite des êtres humains, le trafic de drogue et celui des armes et les financements illicites
Cette alliance de voisinage doit être assurée comme un choix stratégique des deux côtés de la Méditerranée.
L’autre orientation est de mieux prendre en compte le rôle de l’entreprise qui est un acteur de stabilité économique et sociale, et en retour l’Etat doit garantir des règles stables, des procédures lisibles et la justice, surtout. Pour y parvenir, a-t-il indiqué, nous devons établir la concertation et la visibilité des relations, entre les Etats et les entreprises, sur une période, d’au moins trois à cinq ans, autour d’objectifs clairs de créations d’emplois, de volumes d’investissements, de montée en gamme industrielle, d’engagements environnementaux. Ces objectifs doivent permettre de donner de la visibilité aux acteurs économiques.
Une autre orientation importante, celle de donne un rôle central aux territoires et à la diaspora. La réussite, pour lui, se joue dans les territoires (Comprenez les régions, pour nous), et avec l’aide de la diaspora qui doivent être considérées comme membres à part entière, et non de simples relais d’exécution.
La cinquième orientation consiste à articuler la maitrise des frontières, la circulation des talents et la coopération internationale, sachant que des flux migratoires irréguliers déstabilisent les sociétés… il ne s’agit ni de fermer les yeux, ni de fermer les frontières, mais de réduire les flux irréguliers et de protéger les personnes contre les trafiquants, afin de créer une mobilité maitrisée, au service des sociétés et de l’intérêt de chaque pays. Pour conclure, il a résumé les points nécessaires : sortir de la logique d’aide, penser en termes de voisinage et infrastructures communes, contractualiser les relations entre Etats et entreprises et mettre les régions et la diaspora au cœur de la coopération, articuler maitrise des frontières, coopération et circulation des talents… sont les cinq orientations tracent la voie et nous invitent à passer de relations de dépendances à des relations de co-responsabilité… et adapter la nouvelle économie mondiale aux défis.
Rappelons que la 39e édition des Journées de l’entreprise est organisée sous le thème « L’entreprise et le nouvel ordre économique », du 11 au 13 décembre 2025, à Sousse



