Mohamed Nekhili: »la fin du code à 4 chiffres pour les cartes bancaires. »

Tunis – Univers News. Le code confidentiel à 4 chiffres de la carte bancaire sera progressivement remplacé par la biométrie, notamment grâce à l’arrivée des cartes bancaires équipées d’un capteur d’empreinte digitale. L’utilisateur pose son doigt sur le petit capteur intégré directement sur la carte au moment de payer sur le terminal. Cette technologie permet de valider des paiements au-delà du seuil classique du sans contact, sans avoir à taper son code PIN. En cas d’échec de la lecture biométrique, la saisie du code à 4 chiffres reste possible. Si elle ne fait pas gagner de temps au client, cette innovation revêt surtout des avantages en termes de cybersécurité..Plusieurs tunisiens répondent de manière plus ou moins positive à cette disruption. Certains sont assez enthousiastes, tandis que d’autres ne voient aucune raison de changer et sont partisans du fonctionnement actuel. Les explications de l’’expert en droit bancaire Mohamed Nekhili
Univers.news : Le code confidentiel à 4 chiffres va être progressivement remplacé par la biométrie, avec une empreinte digitale directement intégrée à la carte. Qu’en pensez-vous et quels sont les avantages ?
Mohamed Nekhili : C’est un changement de paradigme technique. Contrairement aux idées reçues, l’empreinte ne part pas dans un cloud ni même dans le téléphone : elle est enfermée dans un micro-processeur sécurisé intégré à la carte bancaire elle-même. C’est un coffre-fort miniature. Les avantages sont majeurs :
· Sécurité maximale : le code est un secret que l’on peut voler. L’empreinte, elle, exige la présence physique du titulaire. Et comme les données ne quittent jamais la carte, il n’y a pas de risque d’interception lors de la transmission.
· Autonomie totale : pas besoin de batterie, pas de Bluetooth, pas de connexion réseau. La carte s’alimente par induction au contact du terminal. Elle fonctionne partout, même dans les zones blanches.
· Simplicité d’usage : le client pose son doigt sur le capteur intégré à la carte (généralement sur le coin supérieur) et valide le paiement en une seconde. Fini les tâtonnements pour retenir un code à l’étranger.
· Sans-contact libéré : avec cette authentification forte, les plafonds de paiement sans contact pourront être considérablement relevés, voire supprimés pour les petits montants.
Cette évolution va-t-elle réellement renforcer la sécurité des transactions bancaires ?
Oui, très nettement, grâce à ce principe de stockage local. Je le répète : l’empreinte est stockée dans la carte, pas ailleurs. Le terminal ne reçoit qu’un « oui/non » crypté après comparaison. Aucune banque, aucun commerçant, aucun pirate ne peut extraire l’empreinte. Dans ce cadre, la fraude en magasin pourrait chuter de 80 %. Une carte perdue ou volée devient inutilisable sans le doigt de son propriétaire. C’est un bouclier redoutable contre les vols à l’arraché et les pickpockets. Mais attention : cela ne protège pas contre la fraude en ligne (où le code est déjà remplacé par le 3D Secure).
Quelles sont les limites et les risques de la carte à empreinte ?
En bref, trois limites majeures :
– Une fiabilité imparfaite : Les capteurs miniatures intégrés à la carte rejettent 5 à 8 % des tentatives (doigts humides, secs, abîmés ou mal positionnés). En caisse, un refus cause une frustration et une perte de temps.
– L’irréversibilité : Un code se change, une empreinte compromise ne se réinitialise pas. Si la puce est attaquée physiquement, le dommage est définitif. D’où l’exigence d’une certification de sécurité maximale.
-L’exclusion et le coût : Tout le monde n’a pas des empreintes lisibles (personnes âgées, travailleurs manuels, malformations). Et ces cartes coûtent plus que les cartes ordinaires. Un code de secours ou une solution de repli restent donc indispensables.
Mohamed Sélim



