
UniversNews (SEF) – La gouvernance de l’Union Internationale de Banques (UIB) franchit une nouvelle étape avec la nomination de M.Karim Hajjaji à la présidence du Conseil d’administration. Fort de plus de 35 ans d’expérience dans les secteurs bancaire, financier et technologique, notamment au sein de groupes internationaux, le nouveau président apporte un parcours de dimension internationale à l’établissement.
Cette nomination intervient après l’arrivée de Pierre Le Run à la Direction générale, effective depuis le 1er avril 2026. Elle remet également en lumière une question fondamentale pour toute institution bancaire : la séparation des responsabilités entre la présidence du Conseil d’administration et la Direction générale.
L’épisode Néji : un précédent qui rappelle l’importance des équilibres
L’épisode Néji avait déjà placé la question de la gouvernance au centre des discussions, notamment autour de l’amalgame entre les fonctions de président du Conseil d’administration (PCA) et de directeur général (DG).
Cette distinction dépasse la simple organisation interne. Elle touche à l’équilibre des pouvoirs, à la prévention des conflits de rôles et à la capacité du Conseil d’administration à exercer pleinement sa mission de supervision.
Le PCA organise les travaux du Conseil, contribue à la qualité de ses délibérations et veille au bon fonctionnement de cet organe. Le DG, pour sa part, assure la conduite opérationnelle de la banque et met en œuvre la stratégie approuvée, dans le cadre de ses attributions.
L’enjeu n’est donc pas une question de personnes, mais de gouvernance : chaque fonction doit disposer d’un périmètre de responsabilité clairement défini.
Le rappel de l’épisode Néji invite ainsi à considérer la nouvelle configuration de l’UIB à travers un principe essentiel : la complémentarité entre les organes de gouvernance et l’exécutif suppose une répartition lisible des pouvoirs et des responsabilités.
M. Hajjaji : un parcours international de premier plan
De nationalité tunisienne, M. Karim Hajjaji est ingénieur diplômé de l’ENSAE, avec une formation en mathématiques, statistiques, finance et économie.
Il compte plus de 35 ans de carrière dans les secteurs bancaire, financier et technologique, où il a exercé des responsabilités de haut niveau en matière de stratégie, de gouvernance, d’opérations, de finance, de transformation digitale et de gestion des risques.
De 2014 à septembre 2026, il occupait les fonctions de Global Chief Operating Officer de Banco Santander Corporate & Investment Banking, à Londres. Il était également membre du Comité exécutif de cette entité.
Ce parcours international constitue un atout potentiel pour l’UIB, notamment dans un environnement marqué par l’accélération de la transformation digitale, le renforcement des exigences prudentielles et la nécessité d’améliorer durablement la performance.
Toutefois, l’expérience individuelle des dirigeants ne suffit pas à garantir une gouvernance efficace. La qualité du fonctionnement collectif des organes sociaux reste tout aussi déterminante.
UniversNews avait annoncé la nomination de Pierre Le Run: Pierre Le Run et M. Karim Hajjaji : deux fonctions complémentaires
UniversNews avait annoncé en exclusivité la nomination de Pierre Le Run au poste de directeur général de l’UIB, décidée par le Conseil d’administration réuni le 6 février 2026, avec une prise de fonction prévue le 1er avril 2026.
Cette nomination s’inscrivait dans une phase importante pour la banque, confrontée à plusieurs défis : redynamisation commerciale, transformation digitale, maîtrise du coût du risque et renforcement de son positionnement concurrentiel.
Avec la nomination de M. Karim Hajjaji à la présidence du Conseil d’administration, l’attention se porte désormais sur l’articulation entre les deux fonctions.
Le PCA a vocation à assurer le bon fonctionnement du Conseil et à contribuer à la qualité de la supervision stratégique. Le DG conduit les activités de l’établissement et assume la responsabilité de sa gestion opérationnelle.
La complémentarité entre les deux fonctions doit permettre de conjuguer supervision rigoureuse, efficacité opérationnelle et responsabilité managériale.
Il ne s’agit ni d’opposer le Conseil à la Direction générale ni de créer des zones d’intervention concurrentes, mais de garantir un fonctionnement cohérent, dans le respect des attributions de chacun.
La séparation des pouvoirs, un enjeu de bonne gouvernance
Dans le secteur bancaire, la clarté des responsabilités constitue un facteur essentiel de maîtrise des risques et de confiance.
Une gouvernance équilibrée suppose notamment une information régulière du Conseil d’administration, un suivi effectif des risques, une évaluation des performances et une distinction claire entre les décisions stratégiques et leur mise en œuvre opérationnelle.
À cet égard, l’épisode Néji rappelle l’importance de ne pas confondre les fonctions de supervision et de gestion.
Cette exigence doit néanmoins être appréciée au regard des textes applicables, des statuts de l’établissement et des responsabilités effectivement exercées.
La nouvelle configuration de l’UIB offre ainsi l’occasion de réaffirmer un principe simple: la qualité de la gouvernance se mesure autant à la compétence des dirigeants qu’à la clarté de leurs prérogatives et à l’effectivité des mécanismes de contrôle.
Au-delà des nominations, les résultats attendus
La nomination de M. Karim Hajjaji ouvre une nouvelle séquence dans la gouvernance de l’UIB. Les attentes porteront désormais sur la capacité de l’établissement à renforcer son pilotage stratégique, à poursuivre sa transformation et à améliorer durablement ses performances.
Plusieurs indicateurs mériteront une attention particulière : la dynamique commerciale, la rentabilité, la qualité des actifs, la maîtrise des risques et l’efficacité opérationnelle.
L’expérience internationale du nouveau président pourra constituer un apport précieux. Elle devra cependant se traduire, dans la durée, par une gouvernance efficace et des résultats tangibles.
Au fond, la question dépasse les personnes : comment assurer une articulation optimale entre le Conseil d’administration et la Direction générale, au service de la solidité et du développement de la banque ?
C’est dans le fonctionnement concret de cette nouvelle configuration que se mesurera sa véritable portée.



