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Fortes précipitations : Quel impact… sur le monde agricole??!!!

Béchir Aounallah (Président de la section locale de l’UTAP à Beni Khalled) s’exprime à UniversNews

UniversNews (SEF – Interview) – Les orages ayant sévi au Cap Bon ont causé par endroits des dégâts « catastrophiques » dans les exploitations agricoles de nombreuses régions. Une semaine de pluies sans discontinuer a engendré d’importants dégâts matériels avec un difficile retour à la normale, qui se fait quand même lentement et progressivement. Ces pluies diluviennes ont laissé des traces comme en témoigne Béchir Aounallah, Président de la section locale de l’Union Tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) à Beni Khalled à UniversNews

  • UniversNews: Les récentes intempéries survenues à Beni Khalled ont occasionné d’importants dommages sur l’agriculture. Quels sont les dommages occasionnés par ces pluies torrentielles ?

Béchir Aounallah : Les chutes exceptionnelles de pluies accompagnées de débordements des cours d’eau enregistrées ont été à l’origine d’importants dégâts occasionnés aux agriculteurs de Beni Khalled. Les exploitations agricoles situées à proximité des oueds figurent parmi les plus touchées. Les crues soudaines ont provoqué des inondations qui ont endommagé les terres cultivées, emporté des plantations et fragilisé les infrastructures agricoles.

Dans plusieurs cas, des arbres ont été déracinés sous l’effet conjugué de la saturation des sols et des vents forts, affectant particulièrement les cultures arboricoles. Les intempéries ont été aussi à l’origine du débordement de nombreux oueds notamment oued Sidi Toumi, Aly, Menzah et Toumi, au niveau de la même localité, outre la perte de plusieurs hectares de surfaces maraîchères notamment les pommes de terre, parallèlement à la perte de têtes de bovins et d’ovins et la dévastation de pistes agricoles, à Bouafif, Menzah, Kraïem, Route de Korba, Koubâa et Zaouiet Jdidi.

La grêle et les vents ont occasionné la perte de plusieurs hectares d’agrumes.  Les agriculteurs se sont retrouvés profondément attristés et choqués par la perte de leurs récoltes, d’autant plus qu’elles étaient arrivées à maturité, comme c’est le cas pour les oranges, dont la production s’annonçait fort prometteuse pour cette saison, avant qu’elle ne soit emportée par les pluies diluviennes.

  • Malgré les dégâts évidents, quel est l’effet bénéfique de ces pluies sur les ressources en eau?

Ces précipitations ont significativement amélioré le niveau de la nappe phréatique et augmenté le taux de remplissage des barrages Ceci est bénéfique pour l’irrigation des périmètres. Elles devraient couvrir les besoins en eau potable de la région pour les quatre prochaines années, tout en revitalisant les vergers de la région.

  • Face à ces dommages, comment se fera la prise en charge des agriculteurs sinistrés ?

Il faudrait tout d’abord une bonne évaluation des dégâts afin d’assurer une répartition équitable des indemnisations. Le Fonds des catastrophes naturelles doit assumer pleinement sa mission. Un retard ou une insuffisance dans l’indemnisation risquerait d’aggraver la situation financière de nombreux exploitants déjà fragilisés par la hausse des coûts de production. Une intervention rapide de ce fond permettra non seulement de compenser les pertes immédiates, mais aussi de préserver la continuité de l’activité agricole et d’éviter un désengagement progressif de certains producteurs.

  • Ne pensez-vous pas que l’assurance contre les catastrophes naturelles est un outil essentiel, pour gérer les risques de ces catastrophes et atténuer leur impact sur les agriculteurs ?

Il est vrai que la sécheresse et les inondations représentent plus de la moitié des sinistres. Mais les fellahs n’ont pas les moyens d’adhérer aux assurances. Ce sont la plupart des petits et moyens agriculteurs. L’Etat doit s’impliquer plus pour renforcer la résilience du pays et les indemniser. Son engagement est essentiel pour bâtir un avenir plus résilient face aux défis croissants des catastrophes naturelles. Le plus urgent c’est de changer le modèle de développement afin de limiter l’impact des intempéries futures. Il faudrait renforcer les mécanismes de prévention, améliorer la gestion des risques climatiques, mobiliser les ressources hydrauliques, notamment l’édification des barrages et des bassins d’eau. (M.S)

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