
UniversNews (Santé) – La présidente du comité scientifique de la Société Tunisienne des Maladies Respiratoires et d’Allergologie (STMRA), Fatma Chermiti, a mis en garde contre la progression de la résistance des bactéries aux antibiotiques en Tunisie, en raison notamment de leur utilisation abusive et de l’automédication sans prescription médicale.
À l’approche de l’hiver, période marquée par la propagation des infections respiratoires virales, cette évolution fait craindre des difficultés croissantes dans le traitement des infections bactériennes au cours des prochaines années. « L’augmentation de la résistance bactérienne constitue une menace pour la santé publique, pouvant entraîner des décès lorsque les bactéries deviennent résistantes aux différentes substances actives composant les antibiotiques, rendant ainsi les traitements inefficaces », a-t-elle dit.
Parmi les principales bactéries concernées figure le pneumocoque, dont le taux d’antibiorésistance a atteint 8,9 % en 2022, selon les dernières données des hôpitaux publics, Ce taux aurait progressé ces dernières années pour dépasser 10 %, a-t-elle estimé.
La praticienne a appelé à rationaliser l’utilisation des antibiotiques, à éviter l’automédication et à veiller à ce que leur délivrance dans les pharmacies privées soit soumise à une prescription médicale. Elle a jugé leur consommation en Tunisie excessive et injustifiée, rappelant que les infections virales, notamment les rhumes, ainsi que les maux de gorge, ne nécessitent pas systématiquement un traitement antibiotique.
Elle a également indiqué que d’autres bactéries peuvent provoquer des infections pulmonaires, dont la gravité varie selon l’âge et la vulnérabilité des patients, notamment ceux atteints de maladies chroniques telles que la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’asthme ou les maladies cardiovasculaires. Ces facteurs doivent être pris en considération lors de la prescription d’antibiotiques, a-t-elle insisté.