À la uneECONOMIE

La Tunisie et la Chine discutent d’un accord de libre-échange total et… un choc économique se profile!!!

  • L’économie nationale au bord du gouffre… Arrêtons les négociations avant la catastrophe !
  • La Tunisie envisage d’ouvrir totalement ses marchés, sans plan industriel, ni étude d’impact et sans stratégie d’exportation claire
  • Chaque dinar exporté vers la Chine se traduit par près de quarante dinars d’importations
  • Le tissu productif tunisien, déjà fragilisé par la concurrence turque et européenne, ne résisterait pas à un choc d’une telle ampleur

Tunis, UniversNews (SEF) – Lors du grand débat organisé récemment par UniversNews sous le thème « La Tunisie face à la nouvelle géoéconomie mondiale », plusieurs experts avaient tiré la sonnette d’alarme : le pays avance à contre-courant des tendances internationales, sans stratégie industrielle claire, ni politique commerciale cohérente. Ces mises en garde trouvent aujourd’hui un écho inquiétant.

En effet, alors que les grandes puissances renforcent leurs barrières tarifaires et redéfinissent leurs alliances économiques, la Tunisie s’apprête à ouvrir totalement son marché à la Chine à travers un accord de libre-échange intégral en cours de négociation.

Une démarche présentée comme un levier d’ouverture et de partenariat stratégique, mais qui, dans les faits, risque de plonger l’économie tunisienne dans un déséquilibre irréversible.

Derrière l’apparente promesse de coopération, se profile un choc économique majeur, susceptible d’anéantir le tissu industriel national déjà fragilisé, d’élargir le déficit commercial et de compromettre la souveraineté économique du pays.

Un déséquilibre commercial déjà insoutenable

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : le volume des échanges tuniso-chinois a atteint 9,2 milliards de dinars en 2024, dont seulement 2,4 % d’exportations tunisiennes contre 97,6 % d’importations chinoises.

La Chine représente ainsi le plus grand déficit commercial de la Tunisie, estimé à plus de 8 milliards de dinars. Un déséquilibre qui absorbe, à lui seul, une part considérable du déficit global du commerce extérieur tunisien. Autrement dit, chaque dinar exporté vers la Chine se traduit par près de quarante dinars d’importations. Et l’ouverture totale du marché tunisien à la production chinoise reviendrait à institutionnaliser ce déséquilibre.

Un mirage agricole et un piège industriel

Les promoteurs de l’accord mettent en avant un argument récurrent : “ouvrir le marché chinois aux produits agricoles tunisiens”. Mais cette promesse relève du mirage économique.

La Chine est déjà l’un des plus grands producteurs agricoles du monde et a investi massivement dans des cultures comme l’olivier, avec plus de 60 millions d’arbres plantés depuis 2020. Le marché chinois n’a donc aucun besoin vital des produits tunisiens.

En revanche, les produits chinois, plastiques, appareils électroniques, quincaillerie, textiles, articles ménagers, afflueront immédiatement sur le marché tunisien, fragilisant encore davantage les entreprises locales.

Le risque d’une désindustrialisation accélérée

L’ouverture sans conditions à l’économie chinoise entraînerait :

  • Une aggravation du déficit commercial,
  • Une chute des réserves en devises,
  • Une érosion du tissu industriel tunisien,
  • Et une vague de faillites parmi les PME locales incapables de rivaliser avec les prix et les volumes chinois.

Le tissu productif tunisien, déjà fragilisé par la concurrence turque et européenne, ne résisterait pas à un choc d’une telle ampleur. Les secteurs du textile, de la plasturgie, de l’électronique et de la quincaillerie seraient les premiers à s’effondrer.

Un risque de dérive vers la contrebande régionale

Un autre effet pervers guette : la Tunisie pourrait devenir une plateforme régionale de contrebande.

L’absence de droits de douane sur les produits chinois créerait un écart de prix considérable avec les pays voisins, incitant à la réexportation illégale de marchandises.

Ce phénomène amplifierait l’économie parallèle, réduirait les recettes fiscales, et affaiblirait encore la compétitivité des entreprises tunisiennes opérant légalement.

L’expérience turque doit servir d’avertissement

L’histoire se répète : l’accord commercial signé avec la Turquie il y a quinze ans a conduit à une véritable désindustrialisation dans plusieurs secteurs. Les produits turcs, peu taxés, ont inondé le marché tunisien, entraînant la fermeture de centaines d’ateliers et d’entreprises. Ouvrir le marché à la Chine, sans protections ni quotas, reproduirait ce scénario à une échelle démultipliée. Ce que la Turquie a ébranlé, la Chine pourrait l’achever.

Quand les grandes puissances ferment leurs marchés

Les États-Unis, première puissance économique mondiale, ont durci leurs barrières tarifaires sur des dizaines de milliards de dollars de produits chinois.

L’Union européenne, de son côté, impose des taxes antidumping et des contrôles stricts sur les importations chinoises dans des secteurs stratégiques comme l’acier, les batteries et les véhicules électriques.

Et pendant que les puissances protègent leurs marchés, la Tunisie envisage de les ouvrir totalement, sans plan industriel, sans étude d’impact, et sans stratégie d’exportation claire.

Un choix historique à très haut risque

Ce projet d’accord dépasse la simple dimension commerciale : il engage la souveraineté économique et sociale de la Tunisie.

Une décision de cette ampleur ne peut être prise ni en silence, ni sans débat national.

Avant toute signature, il est impératif de :

  • Publier les termes des négociations,
  • Évaluer les effets macroéconomiques,
  • Et associer les organisations professionnelles et syndicales à la réflexion.

Car un accord de libre-échange avec la Chine, dans les conditions actuelles, reviendrait à livrer l’économie tunisienne à une puissance industrielle hors de portée, sans protection ni équilibre.

Dans un monde où même les grandes puissances érigent des barrières pour se défendre, la Tunisie ne peut pas se permettre la naïveté économique.

Ce projet n’est pas un simple traité : c’est un test de survie pour l’économie nationale… Avant de signer, il faut réfléchir. Avant d’ouvrir, il faut protéger !!!

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page