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La Tunisie… Face au grand Jeu du « Poumon Énergétique »…!!!

UniversNews (EDITO) – Derrière les tambours de guerre résonnant entre Washington et Téhéran se cache une réalité arithmétique implacable. En frappant l’Iran, les États-Unis ne visent pas seulement un régime hostile ; ils cherchent à sectionner l’artère vitale de leur principal rival systémique : la Chine.

Le miracle économique chinois repose sur un socle fragile. En 2026, la Chine importe encore près de 73 % de sa consommation de pétrole brut, une dépendance qui expose Pékin à tout choc extérieur. L’Iran, lié à la Chine par un accord stratégique de 25 ans et des exportations massives (souvent payées en yuans pour contourner le dollar), est le verrou de cette sécurité énergétique. Pour Washington, contrôler l’Iran, c’est obtenir un droit de veto sur la croissance chinoise.

Le Golfe arabe n’est pas qu’une réserve d’hydrocarbures ; c’est un carrefour logistique où se joue la fluidité du commerce mondial. Trois points de passage dictent la survie de l’industrie chinoise :

Le détroit d’Ormuz : Véritable « jugulaire » où transitent plus de 20 millions de barils par jour.

 Un blocage ici paralyserait instantanément les raffineries de la côte est chinoise.

Le détroit de Bab el-Mandeb et le Canal de Suez : Ce corridor voit passer près de 12 % du commerce mondial. Pour la Chine, c’est la route la plus courte vers ses marchés européens.

En maintenant une présence militaire agressive dans cette région, les États-Unis s’assurent le contrôle du « poumon énergétique » du globe. L’objectif est double : renchérir les coûts de transport pour Pékin et disposer d’un levier de pression politique total.

Face à une Chine qui tente désespérément de diversifier ses routes via l’Asie centrale, le Golfe reste l’unique source capable de répondre à ses volumes titanesques. Attaquer l’Iran, c’est donc, par ricochet, placer la seconde puissance mondiale sous assistance respiratoire américaine.

Devant tous ces développements géopolitiques et stratégiques, la Tunisie est le pays le mieux placé pour en tirer profit, se repositionner et devenir le nouveau Singapour du grand Moyen-Orient. Alors que l’instabilité chronique du Golfe et du détroit d’Ormuz fragilise les routes énergétiques traditionnelles, la Tunisie offre une alternative de stabilité à la confluence de la Méditerranée et de l’Afrique.

En capitalisant sur sa neutralité historique et sa proximité immédiate avec les marchés européens, le pays peut s’ériger en hub logistique et financier sécurisé, une plateforme « offshore » loin des zones de déflagration directe.

En dépit de la destruction massive causée par « le printemps arabe ». La Tunisie détient sa plus grande richesse dans ses cerveaux : une jeunesse hautement qualifiée, des ingénieurs et des techniciens qui sont les véritables architectes de cette transition. En investissant massivement dans l’économie du savoir et en digitalisant son administration, le pays peut offrir aux investisseurs internationaux ce qu’ils recherchent désespérément ailleurs : une main-d’œuvre agile et capable d’innover dans un environnement sécurisé.

Entre sa position géographique unique au carrefour des continents, une agilité diplomatique à retrouver, et sa richesse de toujours, la Tunisie a aujourd’hui la possibilité de transformer les débris de l’ordre ancien en un moteur de prospérité et passer de la périphérie des crises au centre d’un nouveau modèle de développement.

Il est certain qu’un nouveau monde est en cours d’accoucher douloureusement, il est indéniable également que devenir le Singapour de la région ne se décrète pas seulement par la géographie, mais encore mieux par l’intelligence…!!??

Mustapha MACHAT

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