Tunis – Univers News. L’artiste possède des droits fondamentaux sur ses créations et se trouve légitimement protégé par la loi lorsqu’il les revendique. Il protège automatiquement toute création originale dès sa conception, sans formalité particulière. Il comprend le droit d’exploiter son œuvre et d’en retirer un revenu. Ce droit moral est perpétuel, inaliénable et imprescriptible. Il garantit le respect du nom de l’artiste, de sa qualité et de l’intégrité de son œuvre, qui ne peut être modifiée sans son accord. L’artiste a droit à une juste rémunération, à des contrats clairs et à une protection sociale adaptée à son activité.
En Tunisie, l’artiste a longtemps bénéficié d’une reconnaissance symbolique sans véritable reconnaissance matérielle. Derrière l’image du créateur engagé se cache souvent une réalité marquée par la précarité : absence de sécurité sociale, exploitation économique, manque de cadre légal clair. L’artiste, en tant qu’employé dans le secteur culturel, doit bénéficier de tous ses droits et des privilèges dont jouissent les employés dans les autres secteurs..C’est pourquoi il est urgent de protéger les générations futures d’artistes et de mettre fin à leur marginalisation surtout que la Tunisie vient d’adopter une loi sur le statut de l’artiste et des métiers artistiques. Un cadre juridique, des droits, une reconnaissance officielle. L’intention est bonne. Mais une réforme qui reconnaît l’artiste sans construire le marché qui doit le faire vivre, c’est une réforme à moitié faite. Et cette moitié manquante, personne n’en parle vraiment..C’est dans ce cadre que la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis, en collaboration avec l’INCP ( Initiative Normes, Culture et Patrimoine) et l’association L’Art Rue, lançent le projet « Statut de l’artiste et des métiers artistiques ». avec le soutien de la Fondation Heinrich Böll Stiftung tunis et la Direction de Développement et de la Coopération Suisse DDC.
À travers ce projet, ils explorent ensemble les grandes lignes de la loi n° 2026-8 relative au statut de l’artiste et des métiers artistiques, en ouvrant autant d’espaces de parole et d’échange que possible.L’objectif est de comprendre le texte, recueillir les expériences du terrain et faire émerger des propositions concrètes.Au programme :une agora en ligne, du 10 septembre au 10 octobre, une agora en présentiel, le 17 septembre à L’Art Rue et un colloque intitulé « L’artiste et son droit, l’artiste dans son droit : regards sur la nouvelle loi relative à l’artiste et aux métiers artistiques » les 22 et 23 septembre à l’INCP.
Mohamed Sélim




