
Le prédiabète est un problème qui survient lorsque le taux de glucose d’une personne est plus élevé que la normale, sans toutefois l’être suffisamment pour justifier un diagnostic de diabète. Aucun signe ni aucun symptôme ne sont habituellement associés au prédiabète puisque le taux de glucose n’est pas encore suffisamment élevé pour provoquer des symptômes aigus.Une phrase que l’on prononce malheureusement de plus en plus souvent :« Vous avez un prédiabète. »Et immédiatement, derrière ce mot, il y a de l’inquiétude et parfois de l’incompréhension.
Mais c’est quoi, exactement, le prédiabète ?
Le prédiabète se caractérise par une glycémie plus élevée que la normale. Souvent asymptomatique au début, il n’évolue pas nécessairement vers le diabète s’il est pris en charge. Les explications du Dr. Faouzi Addad, cardiologue « c’est une situation intermédiaire : votre glycémie est plus élevée que la normale, mais vous n’êtes pas encore diabétique.Selon les critères de l’American Diabetes Association , on parle de prédiabète lorsque :la glycémie à jeun est comprise entre 1,00 et 1,25 g/L, et/ou l’HbA1c entre 5,7 et 6,4 %. Non traitées, environ 80 % des personnes souffrant de prédiabète deviennent diabétiques dans un laps de temps de 5 à 10 ans »
Qui est prédisposé ?
Selon le cardiologue Addad « Le risque augmente en cas d’antécédents familiaux de diabète, de surpoids ou d’obésité surtout abdominale et viscérale , de sédentarité, d’alimentation hypercalorique riche en boissons sucrées et glucides raffinés, d’hypertension artérielle, de triglycérides élevés ou encore de certains troubles du sommeil. L’âge augmente également le risque souvent après 35 ans Et le phénomène est considérable.Dans le monde, on estime que 635 millions d’adultes présentent une intolérance au glucose et 488 millions une glycémie à jeun altérée. Soit 1 milliard d’individus Et en Tunisie ? Les résultats de l’étude nationale TUN-PREDIAB sont particulièrement interpellants : 63,3 % des adultes consultant en médecine de première ligne présentaient un prédiabète. Une bombe silencieuse »
Est-ce grave ?
Le prédiabète n’est pas une maladie bénigne, explique Dr Addad. « C’est surtout un signal d’alarme métabolique : le risque de développer un diabète de type 2 est nettement augmenté (50% dans les 10 ans)Il est également associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires (+21% de risques) et rénales et accompagne fréquemment d’autres anomalies métaboliques comme l’obésité viscérale, l’hypertension, les anomalies lipidiques ou la stéatose hépatique.Mais la bonne nouvelle est là :Le prédiabète n’est pas encore le diabète. Et c’est probablement le meilleur moment pour agir.
Revoir son alimentation et augmenter son activité physique
Le premier traitement du prédiabète réside dans des mesures hygiéno-diététiques. Il faut, en effet, revoir son alimentation et perdre du poids quand il est trop important. Dr.Addad estime qu’une
perte de poids de seulement 5 à 7 %, une activité physique régulière et une amélioration de la qualité de l’alimentation peuvent considérablement diminuer le risque d’évolution vers le diabète.Dans la célèbre étude Diabetes Prevention Program, une intervention intensive sur le mode de vie a permis de réduire de 58 % l’apparition du diabète.Chez certains patients à haut risque, un traitement médicamenteux, notamment la metformine, peut être discuté. Et chez les personnes souffrant d’obésité, les traitements modernes de l’obésité, notamment les agonistes du GLP-1 comme le sémaglutide, peuvent également avoir leur place lorsqu’ils sont indiqués.
Finalement, alerte Dr. Addad, le prédiabète n’est pas une fatalité : c’est un avertissement.Votre avenir métabolique est encore en grande partie entre vos mains : quelques kilos en moins, davantage d’activité physique, une meilleure alimentation… et un peu de résistance face aux tentations gastronomiques quotidiennes !
Mohamed Selim



