
Sur quels critères l’état choisit ces nouveaux concessionnaires ???
L’afflux massif pèse lourdement sur les réserves en devises
UniversNews – Hier, les rues tunisiennes appartenaient aux marques européennes — Renault, Peugeot, Volkswagen. Aujourd’hui, des bateaux entiers de voitures chinoises débarquent chaque semaine, et 56 concessions ont été ouvertes à travers le pays. Une vague qui transforme le marché automobile tunisien en un véritable paradoxe économique.
- Un boom incompréhensible dans un pays en crise
La Tunisie manque cruellement de devises et sa balance commerciale est structurellement déficitaire. Pourtant, les importations de véhicules explosent. En 2025, le marché automobile a vendu près de 93 000 véhicules, dont plus d’un tiers proviennent de marques asiatiques, principalement chinoises. Ces chiffres contrastent avec la pénurie de biens essentiels que subit le pays et interrogent sur le choix économique derrière cette prolifération.
- Qui profite vraiment ?
Autrefois, l’État exigeait des constructeurs européens qu’ils investissent localement dans des usines de composants pour équilibrer les quotas et stimuler l’industrie. Aujourd’hui, l’ouverture à des importateurs privés sans contreparties industrielles soulève de sérieuses questions :
- Qui sont ces hommes d’affaires autorisés à importer ces véhicules ?
- Sur quels critères l’État choisit-il ces concessionnaires ?
- S’agit-il d’un choix économique rationnel ou d’intérêts particuliers déguisés en politique industrielle ?
- Des conséquences graves pour l’économie
L’afflux massif de voitures chinoises pèse lourdement sur les réserves de devises et fragilise la production locale. Aucune chaîne d’assemblage ou d’approvisionnement n’est créée, et les emplois industriels restent anecdotiques. Pendant ce temps, le marché parallèle se développe, échappant aux régulations et aux taxes, accentuant le déséquilibre économique.
- Le paradoxe tunisien
Entre pénuries et voitures flambant neuves, le consommateur tunisien bénéficie de prix attractifs, mais à quel prix pour le pays ? L’économie se trouve exposée, dépendante et fragilisée, tandis qu’une poignée de concessionnaires profite de décisions opaques.
Le marché automobile tunisien est devenu un miroir de contradictions : des rues pleines de voitures neuves, un peuple en difficulté et une économie étranglée par ses propres choix. La question reste ouverte : qui paiera la facture de cette invasion chinoise ?



