
UniversNews (NAT) – Stationnement gênant, entrave à la circulation… De nombreuses infractions peuvent aujourd’hui conduire à la mise en fourrière d’un véhicule. Cette procédure se déroule souvent en l’absence du propriétaire de la voiture et cause des dommages au véhicule. Le représentant de Ben Arous au Conseil national des régions et des districts (CNRD) a d’ailleurs soumis une proposition formelle au ministre de l’Intérieur demandant la suspension du système de mise en fourrière, également appelé « shingal », et son remplacement par un système d’amendes forfaitaires. Les explications de Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne d’information des consommateurs (OTIC)
- UniversNews : Que pensez–vous de la méthode du « Shingal », ce type de mise en fourrière pratiqué en Tunisie ?
Lotfi Riahi : La méthode de la mise en fourrière n’est plus compatible avec les évolutions technologiques du parc automobile national. La grande majorité des voitures modernes en Tunisie sont équipées de boîtes de vitesses automatiques. Un remorquage anarchique entraîne la rupture du verrou de sécurité et endommage le système hydraulique et les engrenages internes. Il s’agit de dommages coûteux, pas toujours immédiatement visibles, susceptibles d’entraîner des litiges et d’importantes indemnisations pour les municipalités. Cette mise en fourrière peut provoquer aussi des dommages aux pare-chocs avant et arrière du véhicule, ainsi qu’aux rayures sur sa carrosserie. Dans certains cas, cela a même provoqué le renversement de véhicules lors de levages rapides et imprudents, en violation des normes internationales des constructeurs qui interdisent de soulever un véhicule sur un seul essieu pendant une période prolongée.
- Faut-il revoir ce système de mise en fourrière ?
Nous constatons plusieurs irrégularités entourant les opérations de mise en fourrière dans plusieurs municipalités. Certaines interventions sont menées en l’absence d’agents de sécurité et en infraction des dispositions de la loi n°71 de 1999 relative au code de la route qui impose la constatation officielle de toute infraction. Ceci expose les usagers à des préjudices matériels. A ce jour, aucune nouvelle mesure n’a été adoptée malgré notre appel. A mon avis, il faudrait garantir la présence d’un agent de police lors de toute opération de mise en fourrière et mettre au profit du contrevenant, d’un registre de réclamations permettant de signaler les dommages causés au véhicule qui seront transmises aux assureurs compétents afin de protéger les droits des usagers
- Que pensez-vous de son remplacement par un système d’amendes ?
Notre association plaide pour l’adoption de solutions numériques telles que des applications mobiles ou des alertes électroniques afin d’améliorer la transparence et l’équité. Nous demandons la suspension du système de mise en fourrière et son remplacement par un système d’amendes comme l’adoption d’un système de contraventions par vignette, similaire à ceux utilisés dans des pays développés. Ce système consiste à apposer des vignettes sur les parebrises des véhicules en infraction, à documenter numériquement l’infraction et à relier ces contraventions à un système d’information centralisé. Les contraventions seraient ensuite perçues lors du paiement des taxes. (M.S.)



