
UniversNews (Santé) – La Journée Mondiale du rein est célébrée chaque année le deuxième jeudi du mois de mars. Cette journée a été créée pour sensibiliser le public à l’importance des reins et pour encourager la prévention et le traitement des maladies rénales. Les reins jouent un rôle vital dans le maintien de l’équilibre chimique dans notre corps, en filtrant les déchets et l’excès de liquide pour produire de l’urine. Les maladies rénales peuvent causer des dommages permanents et également augmenter le risque de maladies cardiaques et d’accidents vasculaires cérébraux. La Journée Mondiale du Rein offre l’opportunité de promouvoir la prévention et le traitement des maladies rénales à travers le monde et d’encourager les personnes à prendre soin de leur santé rénale en adoptant un mode de vie sain. Cet événement est une occasion importante de sensibiliser le public aux maladies rénales et de partager les connaissances sur ce sujet.
Pour lutter efficacement contre ce fléau, à l’initiative de patients et de professionnels de santé et à l’occasion de la Journée mondiale du rein, la Société Tunisienne de Néphrologie, Dialyse et Transplantation (STNDT) célèbre, comme chaque année, cette journée importante le 12 mars 2025 dans plusieurs hôpitaux à travers le pays. Cette année, le thème est : « La santé rénale pour tous : prendre soin des personnes et protéger la planète »
La maladie rénale chronique (MRC) est une perte progressive et souvent silencieuse de la fonction de filtration des reins, persistant plus de 3 mois, principalement causée par le diabète et l’hypertension artérielle. Le dépistage précoce (prise de sang/urine) est crucial pour ralentir l’évolution vers l’insuffisance rénale terminale, nécessitant souvent une adaptation du mode de vie, une gestion médicale et, à un stade avancé, la dialyse ou la greffe.
Points clés sur la maladie rénale :
- Symptômes (souvent tardifs) : Fatigue, œdèmes (chevilles/paupières), troubles digestifs (nausées), hypertension, crampes et démangeaisons.
- Diagnostic : Dépistage par créatinine sanguine (débit de filtration glomérulaire) et albuminurie/protéinurie (urines).
- Causes principales : Diabète, hypertension artérielle, maladies auto-immunes (glomérulonéphrites), polykystose rénale.
- Traitement : Contrôle de la tension/diabète, régime adapté (faible en sel/protéines selon le stade), arrêt des médicaments néphrotoxiques, dialyse ou greffe.
Il est recommandé de consulter un médecin traitant pour le suivi, avec une orientation potentielle vers un néphrologue.
Les différentes maladies rénales :
De nombreuses maladies rénales sont à l’origine de la destruction irréversible des reins, menant ainsi à l’insuffisance rénale chronique.
Les Maladies glomérulaires
- Les glomérulonéphrites : Elles affectent le glomérule. Leur cause n’est toujours pas connue avec certitude mais les infections bactériennes semblent être facteurs de risques. Elles sont dites « primitives ». Les glomérulonéphrites peuvent être catégorisées dans de nombreux sous-groupes, n’ayant pas la même vitesse d’évolution pouvant aller de 2 à 30 ans. La biopsie rénale permet d’en faire le diagnostic.
- Les atteintes glomérulaires liées à des maladies générales : Elles sont la cause de 20 % des insuffisances rénales. La cause la plus fréquente est le diabète, qu’il soit insulino-dépendant ou non. Il peut entraîner, au bout de plusieurs années d’évolution, des lésions diffuses des petits vaisseaux au niveau de l’œil, du cœur, et des reins. Cette glomérulopathie diabétique évolue vers l’insuffisance rénale chronique terminale.
Les néphropathies interstitielles chroniques : Elles constituent 30 % des insuffisances rénales chroniques et sont caractérisées par des lésions du tissu interstitiel.
- Les pyélonéphrites sont dues à des infections urinaires très fréquentes, surtout chez la femme. La bactérie en cause est dans 85 % des cas un Escherichia Coli, colibacille provenant de la flore intestinale. Généralement peu graves, elles se localisent au niveau de la vessie. Mais si la bactérie atteint des voies urinaires qui se vident mal, soit du fait d’un obstacle (calcul, rétrécissement, grosse prostate), soit du fait d’une gêne fonctionnelle (reflux vésico-urétéral, malformation), elle se multiplie et remonte dans le rein. C’est la répétition de ces infections du rein, ou pyélonéphrites, qui provoque une inflammation du tissu interstitiel du rein. L’évolution vers l’insuffisance rénale terminale est lente (10 à 40 ans). Elle peut être retardée ou évitée par un traitement chirurgical associé à un traitement antibiotique qui lutte contre l’infection. La prévention passe par un examen biologique dès les premiers signes d’infection urinaire (cystite = brûlures et douleurs lors de la miction).
- Les intoxications chimiques peuvent être professionnelles ou médicamenteuses (néphotoxiques).
Les maladies vasculaires (Néphro-angiosclérose) : Ces maladies sont dues à l’hypertension artérielle (HTA). L’HTA touche 10 % de la population. Dans 90 % des cas, elle survient sans cause précise et est dite « essentielle », cependant elle peut être une conséquence des maladies rénales. Si elle n’est pas traitée, elle lèse la paroi des vaisseaux, surtout ceux du cœur, du cerveau et des reins au bout de plusieurs années. Elle entraîne alors une insuffisance rénale chronique. Cette néphro-angiosclérose explique au moins 10 % des insuffisances rénales chroniques chez les malades âgés. Si l’HTA est bien traitée, on peut enrayer cette évolution.
Les maladies congénitales et héréditaires
- La maladie polykystique (polykystose) : Elle est la plus fréquente : 8 % des insuffisances rénales chroniques sont dues à cette maladie, caractérisée par le développement de nombreux kystes dans les deux reins. C’est une maladie héréditaire qui touche les deux sexes. Le risque de transmission diffère selon la forme génétique. Elle peut évoluer à l’âge adulte vers l’insuffisance rénale chronique, mais de façon très lente. Un certain nombre de polykystoses n’atteignent jamais le stade de l’insuffisance rénale chronique terminale.
- Le Syndrome d’Alport : C’est une maladie héréditaire caractérisée par des anomalies de la composition biochimique de la membrane basale du glomérule entraînant un défaut de filtration. L’association de troubles auditifs, voire oculaires et d’insuffisance rénale surtout chez le garçon doit faire penser à cette maladie.
Le traitement des maladies rénales dépend du stade (aigu ou chronique) et de la cause (diabète, hypertension). Il vise à ralentir la progression par des médicaments (antihypertenseurs, régulateurs de phosphore) et des mesures diététiques. En phase terminale, la suppléance est nécessaire : dialyse (hémodialyse ou péritonéale) ou greffe de rein.



