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Mosquées sous “réservation” : quand la sajjada devient carte de propriété !

UniversNews Chaque année, au mois de Ramadan, les mosquées se remplissent pour les prières de Tarawih. Les rangs se serrent, les cœurs se tournent vers Dieu, et l’on espère retrouver l’essence même de l’adoration : humilité, égalité, fraternité.

Mais depuis quelques années, un phénomène pour le moins déroutant s’installe.

Des tapis déposés bien avant l’heure.

Des bouteilles d’eau laissées comme balises.

Des objets personnels posés en guise de pancartes invisibles : “Réservé”.

La scène est devenue familière. Un fidèle arrive, cherche une place, hésite devant une rangée “occupée” par des effets sans propriétaire visible. Le détenteur de la fameuse sajjada, lui, est parfois encore chez lui, confortablement installé devant un feuilleton ramadanesque, en attente de l’appel à la prière !

La mosquée serait-elle devenue une salle de spectacle avec sièges numérotés ? Et rangées à réserver ?

Ce comportement, qui peut sembler anodin à certains, heurte pourtant l’esprit même du lieu. La maison de Dieu n’est la propriété de personne ! C’est, même, ce lieu où les fidèles sont égaux car il n’obéit ni aux logiques de privilège ni aux réflexes d’appropriation. Devant Dieu, les fidèles se tiennent côte à côte, sans distinction, sans hiérarchie, sans “houni blassti”.

Réserver une place dans un espace sacré, c’est introduire une logique mondaine là où l’on est censé se dépouiller de tout égo.

C’est transformer un acte d’adoration en réflexe de confort personnel. Et surtout, c’est créer frustration et tension dans un moment censé apaiser les âmes.

Le respect des aînés est une valeur indiscutable. Mais le respect de la sacralité du lieu et des autres fidèles l’est tout autant. La discipline des rangs fait partie intégrante de la prière collective. Elle symbolise l’ordre, l’égalité et l’unité.

Les mosquées ne se réservent pas. Elles se respectent !

KS

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