Tunis – Univers News: À partir d’aujourd’hui, mardi 1er septembre 2026, la Tunisie repasse à l’horaire d’hiver et au système de double séance pour les agents de l’État, les collectivités locales et les établissements publics à caractère administratif. Il s’agit du retour à l’organisation habituelle après la séance unique appliquée pendant juillet et août : Du lundi à jeudi : de 8h30 à 12h30 puis 13h30 à 17h30 et le vendredi de8h00–à 13h00 puis de 14h30 à 17h30. Ce retour obligatoire au régime de la double séance administrative coïncide avec une persistance alarmante de la hausse des températures, illustrant le décalage croissant entre les réglementations du travail et la réalité du changement climatique. Alors que l’administration reprend ses horaires d’hiver de l’après-midi, le pays sort à peine d’un été étouffant où des records mondiaux ont été frôlés (comme 49,8 °C à Kairouan fin août) et fait face à des prévisions d’automne anormalement chaud
L’Organisation internationale du travail (OIT) avertit que lorsque l’indice WBGT (Wet Bulb Globe Temperature) qui est la référence internationale pour mesurer le stress thermique, dépasse 24-26 °C, les performances au travail commencent à décliner.À 33-34 °C, la productivité des emplois d’intensité moyenne, y compris le travail de bureau, peut être réduite de moitié. Lorsque les températures dépassent 38 °C, travailler devient quasiment impossible Les plus touchés par ce réchauffement sont les travailleurs des métiers exercés en extérieur, tels que les ouvriers du bâtiment et des travaux publics, du béton et de l’extraction, les maraîchers, jardiniers, viticulteurs agriculteurs et les éleveurs. L’exercice de métiers en espace clos, aux conditions de travail déjà réputées pénibles, pourrait être rendu plus difficile, par exemple, pour les fondeurs, les soudeurs, les boulangers ou les cuisiniers.
Les conséquences des fortes chaleurs ne se limitent pas à la fatigue physique et à la baisse de concentration. La chaleur étouffante perturbe le sommeil de nombreuses personnes, entraînant fatigue, baisse de la vigilance et irritabilité accrue le lendemain. Des facteurs tels que les difficultés liées à la garde d’enfants, les perturbations des transports et le stress psychologique réduisent également l’efficacité au travail et affectent les relations professionnelles.
Un impact sur la santé mentale
Le passage à l’heure d’hiver n’est pas sans conséquence sur la santé mentale des tunisiens. Ce changement d’heure peut déclencher un épisode de dépression ou d’anxiété, en particulier chez les personnes susceptibles d’être anxieuses ou déprimées. La cause principale de cette baisse de moral et d’énergie est le manque de lumière. Elle entraîne une diminution de la sérotonine, l’hormone du bien-être, et une augmentation de la mélatonine, responsable de la somnolence. Cette baisse importante de luminosité affecte directement le rythme circadien, soit notre horloge biologique. C’est pourquoi cela peut aussi augmenter les chances d’apparition du trouble affectif saisonnier (TAS), aussi appelé dépression saisonnière, qui touche environ 1 personne sur 10 . Elle se manifeste par une fatigue persistante, l’absence de motivation. Des symptômes qui peuvent s’accompagner d’une prise de poids. Elle se distingue du blues hivernal, qui est passager.
Vers un débat sur l’adaptation du travail
Face à des étés qui s’allongent sous l’effet du phénomène El Niño et du dérèglement global, le modèle tunisien traditionnel (séance unique en juillet/août, double séance dès septembre) est vivement interrogé. Des experts et des acteurs de la santé évoquent régulièrement la nécessité d’introduire de la flexibilité, comme un « congé thermique » lors des pics de chaleur extrêmes ou le recours au télétravail pour protéger les travailleurs tout en maintenant la continuité du service public
Ben Slimen




